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 Une femme, un conflit : Mirabar

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Nespresso
Oeil perçant de Bastet
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Habitat : Un charmant petit village enneigé du ValBise

MessageSujet: Une femme, un conflit : Mirabar   Jeu 30 Juil - 23:48

*Journal quotidien de Hélène Brasel*

*Le tout est bien entretenu, les premières pages semblent être des rapports de compte familiaux, recettes et dépenses de marché, dons pour la messe, et autres. Quelques fautes constellent le récit qui suit, malgré un vocabulaire assez soutenu, preuve d'une éducation passée*

Firmin est malade, je couche mes inquiétudes sur ce velin, car le prêtre de Talona pense qu'il s'agit d'un malortie. Ce mal semble nous poursuivre dans ma famille, et je crains pour mon fils. Malgré cela, le guérisseur est serein, j'ai fait offrande à la déesse pour apaiser son courroux, laissant un peu plus que ce que m'avait autorisé mon mari Justin avant de partir sur Luskan, car il ne faut pas offenser les dieux quand un proche est en danger.
Je l'ai finalement confié à ma soeur, qui en prendra soin, j'en suis certaine. Et rejoignant les voisins qui devaient partir sur Luskan pour assister à un héritage, j'ai profité de leur voyage pour ne pas traverser les contrées sauvages seule.

Nous sommes arrêtés par l'armée mirabarienne, présente depuis peu de temps, à voir les installations qui sont postées un peu partout, et les sapeurs qui s'occupent de creuser des tranchées. Un officier nous informe que le pont a explosé il y a cinq minutes, par la faute d'un franc tireur luskanien. Je devais rejoindre Justin derrière ce pont, à la fin de la journée, et ... regardant par la fenêtre de la diligence, je me rends compte que c'est précisément cette heure-ci. Par le Dieu des Routes, Shaundakul, qu'il ait pu voir le danger ! Finalement, après plusieurs minutes d'effroi en songeant à ce qu'a pu arriver à mon mari, je passe la tête par la fenêtre, afin d'observer la situation : Mirabar s'installe sur une rive, et Luskan fait de même sur l'autre. Luskan, c'est là-bas que travaille son frère, il y est garde.

Finalement, je me calme en regardant mon voisin de maisonnée, également voisin de banquette, et lui adresse un sourire crispé : "Mirabar et Luskan doivent reconstruire le pont certainement, chacun une moitié, quels rapaces au fond !". Tentant cette note d'humour jaune, je me rends compte qu'il n'a pas l'air aussi détendu que moi, et en portant l'oreille aux dires de l'officier, je me rappelle que c'est Luskan qui a attaqué ce pont. La situation s'envenime, je crois qu'une sorte de conflit vient d'éclater, mais ... je ne sais pas vraiment dans quel bourbier j'ai mis le pied.
On m'intime l'ordre de rester dans la diligence en retrait, pour le moment le cocher décide de demeurer ici, mais nous fait savoir que si cela dure trop, il devra rentrer à Mirabar.

Justin, Justin, je ne rentrerai pas sans savoir où tu es. Si tu m'entends... On dit les elfes capables de parler à leur être chéri, faites que Justin m'écoute : je viendrai te chercher.
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Nespresso
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MessageSujet: Re: Une femme, un conflit : Mirabar   Ven 31 Juil - 9:58

Finalement, j'ai passé la nuit dans la diligence, et au petit matin, le cocher nous a donné le choix... Quel choix ! Nous avions payé pour ce voyage, et il nous propose de nous raccompagner à Mirabar, ou de ... rester. Evidemment, ça s'insurge, le conducteur est pris à parti par un homme qui le bouscule, puis les passagers le calment : ils décident de partir, mais je suis tiraillée entre le besoin de savoir où est mon mari, et l'envie de partir de cette place visiblement stratégique. La place d'une femme n'est pas aux champs de bataille, mais si... si je pouvais me faire engager comme aide de camp, cuisinière, peut-être pourrais-je bénéficier de l'aide de notre armée pour traverser ce pont sans attendre d'interminables réparations ?


J'ai cessé de réfléchir, et me suis engagée en y allant "au culot". L'amour nous donne des ailes dit-on, il m'a donné le courage de prendre cette initiative. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je fus recrutée comme aide de camp, dans les positions retranchées du côté mirabarien, par une sorte de lieutenant barbu et blond comme les hommes de chez nous, tandis qu'un caporal du nom de Beckham, de Heaum de ce que j'en ai compris, me fit visiter l'arrière des fortifications de bois. C'était étrange, cela ne ressemblait pas du tout à ces contes et récites de victoire, ici tout n'était que boue et fer, sueur et silence. Oui, un véritable silence pesant, comme si les soldats ne faisaient pas trop de bruit pour ne pas attirer Kelemvor à leur chevet cette nuit.
Les équipes creusaient par tours de trois heures chacune, alternant entre travail de renforcement, garde, entrainement. Il y avait une autre femme, que j'aperçus brièvement, mais dont l'allure ne me donna guère envie de sympathiser, vêtue d'une robe de mariée qui s'usait à marcher dans le limon du fleuve. Elle passait son temps à tracer des sortes de dessins magiques sur une pierre.

De l'autre côté, je commence à apercevoir un nouveau ballet, des troupes fraiches mais débraillées s'avancent pour creuser une sorte de tranchée. Des sapeurs, très sûrement, mais quelle inconscience de se porter ainsi vêtu face aux lignes ennemies.
Soudain, j'entends derrière moi le fracas de plusieurs sabots, il semble qu'un gradé important soit arrivé. Je penche la tête hors de la tente de commandement où je suis chargée de préparer le repas des officiers, et j'aperçois le Commandant Brisefeuilles, qui rôde normalement dans la ville. S'il est présent, c'est que la situation s'envenime... il n'est pas connu pour sa tendresse ; l'accompagnant sur une sorte de cheval dont j'ai du mal à déterminer la race - pourtant mes parents étaient éleveurs de chevaux, bien connus dans la région - et à la bride revêtue d'une plaque de cuir noire et gravée à l'or, un homme en robe, sûrement un mage.

On m'intime l'ordre de sortir, la tente est réquisitionnée pour discuter de tactique. J'en profite pour me placer en hauteur non loin de l'illuminée voilée, qui ne semble même pas me remarquer tant elle est absorbée par ses symboles étranges, et j'observe la rive ouest. Ces soldats qui creusent la tranchée ont bien mauvaise allure, en guenilles et barbus comme des barbares. Impossible de voir d'ici si Justin était encore dans le coin, tous ces gens en bleu se ressemblaient, dans leurs grosses armures de combattants. Savras, celui qui Voit, révèle mon aimé parmi cette foule s'il s'y trouve...
Rien, toujours rien.

Finalement, le drapeau se lève depuis notre rive, en même temps que pour le côté luskanien. Je ne connais pas le code des drapeaux de guerre, mais une délégation se prépare, ôtant pendant un petit moment la crasse de leurs armures afin d'avoir une illusoire apparence de propreté. Certains se rasent même avec une coupe leur servant de miroir en attendant, rangés derrière le Commandant. Puis c'est une vague de chaleur qui me projette quelques mètres en arrière, une baliste non loin venait littéralement de brûler, je n'avais jamais vu cela de ma vie. Combustion d'elle même dans une grande gerbe de feu, c'était effrayant. Les soldats commencent à s'insurger, j'entends des insultes que je ne retranscrirai pas ici car ma mère aurait honte, envers Luskan. Puis le Commandant ordonne une salve d'arbalètes, les soldats se font une joie d'y répondre, et les dépenaillés de l'autre rive tombent tous à intervalles saccadés.

C'était une sorte de ... jeu de quilles, avec des hommes. Je revois encore la scène, alors que chacun s'est retranché dans son camp, je ne sais pas si je dormirai cette nuit, je n'arrive pas à ôter l'image de mon esprit... et si Justin y était ?
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Nespresso
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MessageSujet: Re: Une femme, un conflit : Mirabar   Ven 31 Juil - 10:21

Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, je n'ai pas compris. Une flèche s'abat sur le commandant de Mirabar alors qu'une sorte de tension règne dans le campement, sûrement dans l'autre aussi... et alors j'ai l'impression qu'une immense machine nous prend pour nous embarquer dans un roulis infernal. Un pressentiment, l'intuition féminine : le combat allait arriver, et c'était la goutte de trop. Le Caporal Beckham se jette après cette flèche sur le commandant afin de le protéger de sa vie et de son énorme bouclier, visiblement c'est ce qui a valu la vie à Brisefeuilles, bien qu'il m'arrive de songer que sa mort ne serait pas un mal. Une espèce de monstre avec des muscles gros comme un gorille - j'en avais vu un lors de l'exposition des sauvages de Maztica, à laquelle Justin m'avait invitée lorsque nous nous sommes rencontrés - et un crâne de dragon fiché sur sa tête, leva les mains au ciel, fit s'abattre des grêlons aussi gros que mon poing sur la rive luskanienne, tandis que la mariée d'Aurile dessinait des symboles évanescents dans l'air, faisant naître lors d'une incantation qui me fit froid dans le dos, un mur de glace sur notre rive afin de protéger les soldats.

Une femme apparait alors que je m'accroche à ce spectacle magique, elle me demande où est Manteau d'Hiver. Je ne sais pas qui c'est, je bafouille, je perds mes moyens en voyant cette silhouette féminine scintillant légèrement de sorts protecteurs je suppose. Elle a l'air frêle, son visage est terni par la guerre : est-ce cela le visage d'un soldat ? Point de bravoure ou de chevalerie, non, c'est un cauchemar incarné.
Et alors que j'attrape l'épée que me remet un soldat, sûrement avec gentillesse bien que le choc de la situation m'empêche de le remercier, le sol se met à trembler, et la tente où je me trouvais encore ce matin se s'écroule sur elle-même, bientôt rejointe par un flot de terre et de roche provenant du promontoire tout proche. Par Tymora, y avait-il des gens là-dedans ?! Quelle mort affreuse, quel cauchemar ! Est-ce ça la guerre ?!

Justin, dis-moi où tu es, dis-moi que tu n'es plus de l'autre côté...

Les salves continuent, sans grand effet des deux côtés, les défenses ayant été portées au maximum. Le mage accompagnant Brisefeuilles semble assez peu prendre parti dans l'affrontement, lançant quelques sorts de ci de là, comme s'il voulait énerver son ennemi en évitant ses coups par le moins d'effort possible.
Puis, ça crie de l'autre côté aussi, on ordonne l'évacuation de quelqu'un d'important, j'ignore de qui il s'agit, je suis trop loin... la situation se calme, ça discute dans le camp, les gens importants parlent de stratégie sûrement, je l'ignore complètement. Parfois, la femme en blanc parle toute seule, ou répond à des questions imaginaires dans le vide. Peut-on vraiment être confiant en l'issue d'une bataille avec de telles personnes ?

Les Luskaniens lèvent une petite embarcation, avec un soldat qui se porte debout et fièrement dedans. Son casque est différent des autres, avec de petites ailettes, mais surtout : une immense faux reposant sur son épaule, et se balançant au gré de la barque qui tangue. Des soldats rament, rament, jusqu'à ce que de nouveau, l'air s'embrase autour de moi et la situation ne devienne de nouveau chaotique. Un pont apparait sur la Mirar : un pont ! Sa surface est lisse, ses contours droits, c'est de la magie... mais il était donc si facile que ça de faire un pont ?!
Les soldats de Mirabar s'y ruent, criant les sentences de leurs régiments, la charge féroce d'un rhinocéros en furie - j'en ai vu pendant l'exposition.. enfin vous savez - qui décime les troupes de Luskan. Du moins je le suppose... je ne vois plus rien, l'horizon et la berge sont teintés de remous étincelants : armes et boucliers qui reflètent les dernières lueurs du jour, faisant jaillir le sang comme pour invectiver le soleil rougeoyant à se coucher.
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MessageSujet: Re: Une femme, un conflit : Mirabar   Ven 31 Juil - 11:08

Voilà, nous avons pris place sur l'autre rive, on m'oblige à marcher au milieu de ces cadavres encore chauds de leur âme s'accrochant désespérément au corps qu'il quitteront. Je parcours le champ de bataille la larme embuant ma vision, m'attendant à chaque pas à trouver Justin, mais je crois ne pas l'avoir remarqué. J'essaie d'ôter de mes pensées le fait qu'il pu être défiguré...
Un prêtre-soldat passe dans les rangs de cadavres amoncelés comme de simples morceaux de viande, et leur accorde une bénédiction sommaire, ce maigre réconfort est important à mon coeur, il prouve que l'armée en a un aussi... des hommes, c'est par ces rites qu'ils sont hommes et non bêtes. Certains sont brûlés, je crois qu'il s'agit principalement des gradés luskaniens, les autres jetés à la mer, l'eau percée dans un fracas sourd et terne. Répétitif...
Les soldats mirabariens ont droit à davantage d'honneurs, mais les pertes sont minimes, surtout des blessés. Je ne sais ce qui est le pire, à entendre quelques cris dans la tente des guérisseurs...

Comme l'heure du repas approche, et que l'on me presse à préparer la ration dont ces soldats ont bien besoin, j'entends des gradés discuter entre eux... Le caporal Beckham raconte que les Luskaniens étaient préparés et ont pu fuir en connaissant leurs terres, ils se sont cachés dans les forêts avoisinantes, et ont laissé des pièges mécaniques dissimulés sur leurs pas. Visiblement, cela a empêché une poursuite dans les règles, leur laissant du temps pour se camoufler dans les grottes et bosquets.
Toute l'après-midi fut alternée entre chasses et ravitaillement, de la nourriture arriva grâce à la logistique bien préparée, par barques, tandis que l'on réparait le pont.



Minuit n'est pas encore sonnée par le responsable, que l'on nous réveille en sursaut, afin de nous préparer au combat. Evidemment, l'on m'avait accordé un lit dans la tente de l'état major, afin que je ne sois pas dérangée par les soldats. Mais dans l'ensemble, ils restaient civilisés, et droits, valeur chère à Mirabar... je fus tout de même réveillée, il ne fallait laisser personne vulnérable.
Ce n'est pas une énième attaque luskanienne sur les positions, afin de briser le moral ou couper les ravitaillements, non, les hommes s'arment en vitesse et déjà quelques escadrons se mettent en marche dans le défilé, la rivière sèche comme l'appelaient certains vétérans. Je dois suivre un gradé qui m'embarque dans son escadre, j'ignore pourquoi, et je tiens alors cette épée dans ma main... qu'elle est lourde, mon poignet pourra-t-il tenir si jamais je dois parer un coup puissant d'un de ces guerriers entrainés ? Rien n'est moins sûr.

Sortant des bois, je vois toutes sortes de soldats, dans une vision d'horreurs. Mais ce sont les nôtres ! Ils portent l'insigne de Luskan sur leur vêtement de cuir, ils ressemblent à des éclaireurs forestiers, mais contrastent fortement avec l'armée régulière.
Leurs armes sont hétéroclites, leurs armures constituées ou de plaques de cuir ou de peaux, généralement teintées, et quelques uns portent des scarifications odieuses, des tatouages, sur leurs visages, les rendant aussi inhumains que des bêtes sauvages.
Il me font peur, je reste auprès du caporal Kris, je sais qu'il me protègera de ces brutes.

Un cri me fait lever la tête, je vois un archer luskanien qui s'apprêtait à tirer sur nos positions dévoré littéralement par un raton laveur. Suite à cette vision d'horreur, ma conscience perd le fil, je n'entends plus, je crois que mon esprit ne peut plus supporter tout ceci... je suis, je suis, et uniquement ceci. Et Justin, Justin, je pense à toi. Nous avançons vers Luskan il me semble, je crois qu'ils veulent poursuivre les survivants de l'assaut, je crois que je me suis engagée avec ceux qui vont assiéger ta ville... pardonne-moi.

*L'écriture se fait hésitante, puis finit par tomber d'un grand trait barrant la moitié de la page, comme si la main de Hélène suivait sa maîtresse dans l'inconscience*
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Nespresso
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MessageSujet: Re: Une femme, un conflit : Mirabar   Ven 31 Juil - 14:04

*L'écriture est plus posée, mieux alignée*

Voilà, nous nous sommes installés à l'est de la Cité de Luskan... Cette cité que j'avais visité plusieurs fois par le passé, notamment pour notre mariage, et quand mon père remit ma dot à la famille de mon aimé Justin. J'ai espoir que tu y sois réfugié, espoir et désespoir liés, car l'armée que j'accompagne t'assiègerait alors, mon amour.
Les hommes ont reçu un fichu coup au moral, car les Luskaniens ont réussi à leur infliger de lourdes pertes lors de leur retraite dans les murs de la cité, mais ici, on n'en parle pas trop. Ils sont tout de même heureux de se poser, et d'être de ce côté-ci du siège, certains gradés passent pour leur porter des discours rassurants : quelques jours, et ce sera fini. Certains y croient, d'autres moins.
Les Loups de Sang semblent majoritaires, je peux désormais les observer avec une curiosité sans doute malsaine, ô Heaum garde-moi de pensées déplacées à leur sujet, car ils ont offert leur vie pour Mirabar, mais ils me font peur. Il y aurait même des uthgardts parmi eux, ces sauvages sans foi ni loi.

Les portes sont désormais closes devant nous, et nous coupons leurs voies de ravitaillement. Ils ont la mer, évidemment, mais il paraitrait que la flotte padhiverienne serait en approche. Padhiver, Padhiver... je n'ai pas vraiment d'opinion sur eux, ils se font généralement rares chez nous, ayant eu peur à cause de la cité de Pénombre dans le passé. En tout cas, ce ne sont sûrement pas eux qui nous ont aidés à la faire reculer, non : "on aide le Bien, mais pas les habitants sous son emprise, c'est trop dangereux voyons". Bref, ils ont l'air d'être avec nous sur ce coup-ci. J'espère que les troupes n'auront pas à marcher sur la ville, mais ce n'est visiblement aucunement l'intention des chefs de l'état major. Tant mieux...
Le caporal Beckham est passé chevalier, et lieutenant... c'est un homme brave, le Commandant doit le porter en estime. Il s'occupe beaucoup des hommes de son régiment, et prend soin d'eux, ça m'émeut presque de voir tant de compassion pour ces pauvres militaires. Son aura est tenace, quand il vous approche, c'est presque ressentir le baume s'appliquer directement au coeur, on oublie les massacres, on oublie l'horreur... la confiance revient.
La dame blanche, comme certains la surnomment, a disparu au moment de l'attaque du pont. Je n'avais pas remarqué son absence, silencieuse qu'elle était, peut-être que je ne la regrette pas non plus. Ces sorciers ne m'inspirent guère confiance, beaucoup d'histoires circulent sur la magie noire, mieux vaut ne pas s'approcher de ces gens qui manient les arcanes, comme ils disent.

Quelques nouvelles percent de Luskan, il parait que des mesures spéciales ont été prises : conscription pour tous, et libération des prisonniers. Les soldats sont dépités, ils maudissent Luskan à cause de ces décisions complètement folles... visiblement, ça les insurge.
Moi, je pense surtout à toi, Justin. Si d'aventure tu te trouves dans cette ville, alors tu seras conscrit... avec ton frère. Ne te mets jamais en avant, ne prends aucun risque, je veux te revoir à l'issue de la guerre. Et surtout, ne te frotte pas à ces rebuts.

*Le vague croquis d'un homme en train de se nourrir de sa pitance quotidienne est dressé, d'une main malhabile, mais appliquée*

L'ennui me guette pendant ces journées interminables, malgré le ballet de quelques émissaires divers. Une fois il s'agit d'un champion de Torm qui ne me parait guère impressionnant face à notre commandant tatoué et son célèbre marteau, une autre fois, ce sont des hommes d'un camp tout proche, une "légion". Quoiqu'il en soit, aussi légion que soit cette armée, elle ne semble aucunement vouloir s'impliquer. On me raconte que ce sont des mercenaires peu fiables, certains soldats ayant eux-même passé leur jeunesse dans cette filière.
Au final, je m'en fiche moque. Dieux, le vocabulaire des soldats commence à déteindre sur moi, certains se sont attachés à ma compagnie, comme moi à la leur. Je leur parle de toi, certains ont aussi de la famille à Luskan, et la décision de ne pas attaquer directement la ville les soulage.

*Griffonné à la hâte*

Tiens, voilà la mariée. Je ne l'ai pas vu entrer, elle parcourt les rangs des Loups de Sang, telle un fantôme. Parmi ses baragouinements, j'entends des "cercle", "toute chose retourne", "anneau mystique des plans", "cycle éternel". Visiblement, certains sont absorbés par ces brèves paroles, et y trouvent motivation, et à la réflexion, peut-être est-elle elle aussi une sorte d'uthgardt, ou une sauvage... ce qui expliquerait son discours étrange.
La voilà déjà repartie, elle venait apparemment juste s'assurer de l'état des Loups de Sang.

*Note a posteriori*

Finalement, je ne l'ai plus revue de tout le conflit.
Tant mieux !
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MessageSujet: Re: Une femme, un conflit : Mirabar   Lun 3 Aoû - 15:48

Le temps passe, je commence à comprendre ce que certains soldats veulent dire par l'ennui du siège... Quelques évènements viennent égayer les journées, bien que le terme soit relativement mal choisi, disons plutôt apporter sa touche d'effroi. Encore hier, une falaise s'est écroulée après une sorte de grosse déflagration, comme lorsque les mineurs de la ville touchent une poche de gaz. Pas de victime dirait-on, heureusement, mais cela fiche la frousse fait peur à nos hommes. Le rempart devant nous est relevé de façon fréquente, de façon à garder des troupes fraiches je suppose. Parfois, on aperçoit derrière la brume matinale un gradé, sûrement celui à la faux.
Ces soldats sont tout de même impressionnants, juchés sur leur chemin de ronde, dans ce brouillard d'aurore, le léger vent donne à ces hommes un aspect presque fantomatique, des statues évanescentes pour la défense de Luskan. Leurs tours de garde ont été renforcées, des plaques de bois cloutées et ferrées sont rajoutées dans les espaces des créneaux, quelques marmites constellent les remparts, et des braseros sont autant d'étoiles qui filtrent sous la pluie nocturne. De là où l'on est, nous entendrions presque le crépitement des braises résistant fièrement face à l'assaut incessant des gouttes de pluies, flèches jouant sur le moral de chacun des deux camps.

Nous n'avons pas beaucoup de rapport avec Padhiver la Sainte, pafois les gradés font quelques allers retours diplomatiques, se mettent au courant des exigences, de quelques plans. La Légion trainerait là-bas, avec leur grand drapeau, même si leur position est bien dure à définir. Ils ont quéri l'aide des nains parait-il, fantastique, ces petits être barbus vont donc se mêler à la bataille... Ils étaient présents à Mirabar, avant, je me souviens, toujours à prendre le travail des honnêtes hommes. J'étais encore petite, quand mes parents ont fait construire leur écurie avec des pierres venant de leur industrieux travail. J'entends un soldat raconter une histoire près d'un autre feu battu par le vent, je me rapproche... ils m'invitent à partager leur soupe, que j'accepte, même si c'est moi qui leur ai préparée. Ils racontent que des nains se sont fait flécher par derrière en tentant de sortir de Luskan, mais que les Padhiveriens auraient coupé les ponts devant eux. Vraiment bizarre cette histoire, certains rient légèrement, d'autres sont maussades. La pluie, toujours cette pluie qui érode le moral comme les contreforts de l'Epine. Plus elle joue des feuilles avoisinantes comme son tambour, plus je me dis que Luskan tient là une arme fourbe au possible, et si ils la créaient exprès ?
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MessageSujet: Re: Une femme, un conflit : Mirabar   Dim 11 Oct - 23:14

Et toujours, encore, sempiternelle pluie qui nous mine le moral par sa boue quotidienne, ce bruit incessant sur la toile des tentes des soldats. Nous n'avons de nouvelles que par des rumeurs de colporteurs ou prisonniers de guerre. J'entends vaguement que la situation n'est pas plus reluisante dans la ville assiégée, et je prie Sunie que tu te sois caché hors de portée des agents de conscription, car alors je crains que tu ne risques ta vie si les états-majors d'un des deux camps ne décident de lancer l'assaut, ou de tenter une quelconque action. Ici, les hommes s'occupent comme ils peuvent, leurs journées sont ponctuées d'exercices de terrain pour briser la monotonie du siège, et leur temps libre passe en paris sur des jeux de cartes -la belotte sembienne semble faire fureur- qu'ils ne pourront pour certains jamais rembourser, une fois leur solde reçue. Quelques uns de nos sapeurs travaillent à consolider les formations, mais les douves empêchent un quelconque ouvrage de sape des murailles ou tours avancées. Alors inlassablement, de nouvelles rangées de pieux sont ajoutées, les anciens sont aiguisés, les mantelets sont réparés et les armes de siège entretenues avec un soin quasi dévôt.

Finalement, on nous commande de nous armer de façon convenable. Ceux qui ont ommis de nettoyer leurs armures de mailles râlent et se font punir par des retenues de solde ou des sévices corporels pour les plus réfractaires, il semble que nous devions être sur notre trente-et-un. Les cliquetis de ferraille tintent à travers le camp durant toute la matinée, et même le Commandant Brisefeuilles revêt son armure d'apparat, dorée à la feuille en certains endroits, dont le symbole de l'armée fièrement représenté sur son plastron. Son cheval, un étalon brun, est amené et on l'aide à y monter grâce à un système de treuil assez drôle, car son armure est trop lourde pour s'y hisser. Sa monture est également couverte d'un mantel de mailles et de soie, où sont collés des parchemins couverts des sentences des différents régiments, en ancien thorass. Lui et ses lieutenants ont vraiment fière allure, sur leurs destriers... et finalement, le reste des troupes est rangé en bataillons derrière eux. On m'assigne au rang des sapeurs, après quelques hésitations, mais mon insistance pour entrer dans la cité a finalement eu l'avantage. Le sentiment que cette guerre serait bientôt finie, et que je pourrais te voir m'étreignait.

Nous avons pénétré dans la cité fortifiée de Luskan, sur des ponts consistant en un remblais de terre sur les douves, pour finalement s'avancer au son des tocsins dans un petit bosquet avec un arbre central, puis sur la place centrale. La foule était rassemblée, mitigée entre la honte d'une défaite et le soulagement de la fin d'une guerre. Les troupes luskaniennes avaient également du panache, dans leur bleu azuré flambant, même si je suppose que ceux qui étaient moins présentables étaient cachés. C'est ce qui a été fait de notre côté en tout cas, les armures mal entretenues étaient dissimulées au centre du bataillon pour sauver les apparences.
Et finalement, j'ai vu cette main s'agiter au-dessus du rang des conscrits, j'ai su que c'était toi, Justin. Intuition féminine, j'ai immédiatement ressenti ta présence. Les discours n'avaient plus aucune importance, je ne souhaitais que te revoir... aveugle et sourde à ce qui m'entourait.

Ces mots seront les derniers sur ce carnet, car alors nous serons réunis. Et cet épisode n'aura plus lieu d'être, je veux l'oublier, et je remercie les dieux d'avoir été cléments durant cette épreuve.
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