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 Les temps ont changé

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Flashouille
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MessageSujet: Les temps ont changé   Jeu 25 Mar - 15:31

Citation :
Voilà des semaines qu’il était sur les routes, en direction de Luskan. La Cité des Voiles était à présent le point de passage obligé pour l’Epine Dorsale du Monde, où, dix années auparavant, une importante découverte fut faite.

La région n’en restait pas moins sauvage : bandits, vagabonds et reîtres étaient de la partie, sans compter plus au Nord les clans gobelins, orques ou géants qui pillaient à qui mieux mieux les malheureux inconscients se rendant sur le toit d’Abeir-Toril.

Mais Rorth Malthus n’avait rien d’une proie facile. Massif, drapé dans ses pélisses de phoques et d’ours, sa barbe hirsute, son œil sombre et sa foisonnante toison noire donnait l’impression d’avoir devant soi un de ces monstrueux primates des forêts de Chult. Il n’en était rien, bien sûr : originaire des Marches d’Argent, il allait tenter sa chance à l’Ouest.

Il n’était pas le seul, loin de là. Il y a douze ans de cela, croyait-il se rappeler, de tragiques évènements s’étaient déroulés dans la région. Tragiques évènements suivis d’une paix sans précédent. Oh, bien sûr, les nobliauds et les roquets avides de pouvoirs complotaient encore, quelques assassinats émaillant parfois le cours tranquille de la vie des puissants. Mais le peuple n’avait pas à se plaindre. Aucune famine, même pas une disette. Pas d’épidémie –à part celle de grippe de l’année dernière, ah ils ont voulu nous effrayer avec, ces charlatans-. Pas de guerre, d’invasions, de destruction. Les marchands prospéraient, croissaient et se multipliaient avec la vigueur des mauvaises herbes ; les armées privées –Légion, Cohorte ou Boucliers Rouges bientôt imités par de multiples petits groupuscules- n’avaient jamais eu autant de clients. Luskan était reconstruite, Mirabar rayonnait, Padhiver n’avait jamais été aussi riche. Le Drim quant à lui avait connu une prospérité sans précédent, et ce après avoir frôlé l’extermination.

Rorth Malthus sourit. Oui, bien sûr, cet étalage indécent de richesse n’allait pas sans quelques inconvénients. La richesse attire les vautours et les rapaces de toutes sortes. Rorth Malthus savait de quoi il parlait.

-Maître, je n’en peux plus
-Hey mon gars, écoute-moi bien : ta gueule, dit Rorth en raffermissant sa prise sur le fouet avant de le brandir en un ample mouvement. Mouvement bientôt suivi du hurlement de l’esclave.

« Foutus pécores » maugréa-t-il en son for intérieur. Il jeta un regard autour de lui. Foutue forêt : sombre, dense, ancienne, elle puait la magie ou il ne s’y connaissait pas.

Il fit accélérer le pas à son cheval –et aux esclaves obligés de suivre à pied-. L’escorte qu’il avait dû payer à prix d’or lui était plus que jamais nécessaire. Sombres rumeurs, étranges disparitions, hurlements et sanglots dans la nuit. Des superstitions de paysans, rien de plus. Mais cela n’en restait pas moins troublant : deux livraisons s’étaient déjà égarées dans la nature. Il allait en avoir ce soir le cœur net. Glorieux combattant, il allait mettre en déroute ce qui lui volait ses précieuses marchandises.

La nuit tombait. Rien ne bougeait dans les bois. Le silence…Il réajusta sa position sur son cheval, jetant un regard inquiet autour de lui.
« ça pue le traquenard ou j’m’y connais pas… »

Un voile noir devant ses yeux. C’était si soudain…que se passait-il ? Il se sentit glacé jusqu’aux os, glacé jusqu’aux tréfonds de son âme. Des sueurs froides. Le souffle court. Il dégaina. Un hurlement insupportable, suivi de cris de panique. Il n’entendait pourtant nul coup férir. Un second hurlement d’agonie. Il sentit sa gorge se nouer, son estomac faire des siennes…Il raffermit sa volonté. Si fatigué…
Il ne vit rien venir. Un formidable coup d’estramaçon, qui fit éclater le côté de son crâne comme un melon trop mûr. Il s’effondra, mort.

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Dernière édition par Flashouille le Dim 28 Mar - 22:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Jeu 25 Mar - 15:32

Citation :
A Luskan, Yan Galyak s’impatientait. Cela faisait trois mois qu’il attendait qu’on lui livre enfin la marchandise. Son client avait besoin de clampins au plus vite, et il ne pouvait temporiser plus longtemps. Que pouvait bien faire ce fils d’ogre de Rorth ? Fulminait-il.

Il patientait non loin de la porte Est. Il allait devoir se hâter, il allait faire nuit. Il n’était pas bon de traîner seul dans les rues de Luskan, la nuit. Ah, la situation avait bien changé…Luskan la Propre était redevenu le cloaque immonde qu’il avait été…Tout ça était de la faute de ces maudits Hauts-Capitaines, et de ce mage. Tous corrompus. Qui diable avait eu l’idée de sauver la peau de Varghest ? Et de nommer les trois nouveaux ? Ceci dit, les affaires allaient au mieux en partie grâce à eux. Et à une certaine frange de la Garde. Sans compter de certaines restrictions budgétaires –un sacré pingre, ce Haut-Capitaine…-. Fini la division par quartiers –on avait frôlé la guerre civile en 1403-.
Les marchands avaient tiré partie de la situation géographique de Luskan, bien sûr. Et les organisations criminelles, en bonnes parasites, en avaient profité aussi. La stabilité a du bon, parfois.

Il passait la porte de sa demeure, Rue de la Chaude Nuit. Un lieu coquet, il n’en était pas peu fier.

Le problème, pensait-il, c’était les Clergés. La grande Cathédrale allait mal. Les autres clergés louchaient dessus, voulant tous offrir ce prestigieux édifice à leurs dieux respectifs…ces bigots ne comprenaient rien à certaines réalités de ce monde, décidément. Il se mit à sourire, en s’étirant.

Après s’être mis à l’aise, il s’approcha de sa chambre à pas feutrés. Il se glissa sous les draps, si chauds…c’était si agréable. Il posa une main sur le ventre de sa bien-aimée, enceinte, déposant un tendre baiser sur sa nuque. Elle se blottit contre lui, ensommeillée.

C’est ainsi que Yan Galyak, esclavagiste, s’endormit en cette froide nuitée de 1412.

Citation :
Il marchait à grand pas dans le complexe souterrain. Comment diable était-ce possible ? Comment ? Il ne saurait le tolérer. Le rituel approchait, il était proche, bien trop proche. Allaient-ils être prêts à temps ? Il lui faudrait d’autres sacrifices. Ses yeux bleus se posèrent sur la porte de son bureau…elle était à l’intérieur. Il la détestait déjà. Du moins, il l’aurait détesté s’il avait encore été capable d’éprouver certaines passions.
Mais il n’aimait pas, il en était sûr, devoir faire appel à cette femme de l’Est. Il allait toutefois avoir besoin d’alliés pour accomplir son œuvre. Telle était la Volonté du Seigneur. Qui était-il pour s’y opposer ? Il se passa une main sur son crâne chauve, tavelé. Il se faisait bien trop vieux pour tout cela…mais qu’importe sa lassitude, qu’importe la mort, il était prêt à tout pour parvenir à ses fins. A tout. Il posa sa main aux veines apparentes sur la poignée.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Dim 28 Mar - 23:07

Citation :

Chers clients,

Si je vous ai réuni aujourd'hui, dans mon illustre auberge, c'est comme vous le savez peut-être pour vous annoncer quelque chose à laquelle je songe depuis quelques temps déjà. En effet, mes chers amis, mes chers piliers, c'est avec émotion que je vous annonce mon départ à la retraite.

La guerre civile à laquelle nous avons échappé, qui a coûté la vie à l'un de nos chers dirigeants et vu l'exil de deux autres, m'a fait prendre conscience de la valeur que j'accordais à ma vie.

Me lever chaque jour si tôt pour me coucher si tard, cela vous use un homme. Je n'ai que quarante deux ans et je suis déjà un vieil homme.

Je ne vous cacherai pas le petit pincement coeur de vous voir maintenant tous réunis devant moi, avec tous ces souvenirs que nous avons en commun. J'ai une immense dette envers chacun de vous -entendons-nous bien, une dette affective, hein, pas question de boire à l'oeil-. Le moment est venu pour moi de me consacrer à d'autres choses et de profiter de tout ce temps libre qui m'est donné pour me découvrir, pour vivre pleinement ma vie.

L'auberge de Garfaux ne fermera cependant pas. Non ! Cette institution centenaire sera reprise par mon neveu, Nidar Felipe Garfaux.

Je ne vous oublierais pas. Si vous avez du chagrin du fait de mon départ, n'hésitez jamais à boire pour oublier.

Je terminerais simplement sur ces quelques mots : à la bonne vôtre camarades ! Et merci.

Discours du départ de Garfaux, 14/01/1404


Citation :

Comprenez que la mort fait partie de la vie !

Cette vérité toute simple, chacun de vous la ressent dans sa chair, jusqu’aux tréfonds de son âme. Cette vérité, Notre Seigneur, Kelemvor, ne l’a en rien inventé. Il y va de la vie elle-même. La vie est l’exception, la mort la règle : ne l’oubliez jamais.
Comprenez que la mort fait partie de la vie !

La mort n’a pas à être source de peur. Il s’agit de l’heure du bilan, de l’heure fatidique, c’est de la mort que vient la lumière qui éclairera vos vies, la mettra enfin en relief. Qui êtiez-vous ? Qui a réellement compté ? C’est à l’heure de la mort que vous le saurez, que nous le saurons. Sans vie, nul sens. Et sans le sens, à quoi bon ?

Il ne s’agit pas d’une fin, mais d’un commencement.

Frères, sœurs silencieuses, la mort est le début du voyage vers le Palais du Seigneur, qui dans son infinie sagesse sondera les cœurs et les âmes pour permettre à chacun de reposer là où il le mérite. L’impunité n’existe pas, l’ingratitude non plus, dans le Royaume du Seigneur. Chacun a ce qu’il mérité, ni plus, ni moins. La mort n’est pas le châtiment des mauvais, pas plus que la récompense des justes. La mort est le miroir de l’âme. Elle est ce que nous sommes.

La mort est un processus dans lequel il n’y a nulle tromperie, nulle dissimulation, nul hasard.

Nulle tromperie : chacun ici sait qu’il mourra. C’est ainsi que le monde est fait, par la grâce du Seigneur et des Dieux. Il n’y a là nulle dissimulation en ce que cette connaissance, nous en avons conscience diffusément, nous l’expérimentons chaque jour : tout naît, croît, décline puis meurt. L’aveugle ne pourra s’en prendre qu’à lui-même, le monde l’avait prévenu loyalement. Mais le hasard ? Cela signifie-t-il que c’est le Seigneur qui orchestre les accidents, les coïncidences, qui ôtent la vie à tant et tant ? Nullement. Cela signifie, frères, sœurs, que la Mort n’est pas question de probabilité, de chance ou de malchance. La mort est inévitable. La mort gagne à tout coup, sans tricher, c’est la loi. Les grands et les petits, les justes et les misérables, les héros et les vilains : tous seront fauchés.

Aidez les autres à mourir avec dignité lorsque viendra le moment, mais pas avant.

Oui, la dignité : voilà ce par quoi l’Homme est grand. Un homme qui n’a plus sa dignité n’est plus un homme. Mais qu’est-ce que la dignité ? C’est une notion floue mais néanmoins essentielle. Notre humanité, notre âme, nous donne un droit, je dirais. Et ce droit, c’est celui du respect primordial. L’on ne saurait nier ce droit à ceux pourvus d’une âme : on ne dispose pas des gens ainsi qu’il en va des choses. C’est cela, la vie, aussi. Les choses vivantes ne sont pas identiques aux choses mortes, et même mort, il nous reste quelque chose de cette dignité. La dignité habite nos vies et drape notre mort d’une aura diffuse. Nous ne sommes que chair, tendons, muscles, sang et os, c’est vrai. Mais c’est par notre dignité que nous touchons au Divin. Respecter cette part de Divin, c’est nous respecter nous-même, c’est respecter le Seigneur. Préserver la dignité des mourants et des morts nous hisse non seulement au-dessus des monstres, mais nous rapproche qui plus est du Seigneur.

Dressez-vous contre ceux qui voudraient artificiellement prolonger leur vie au-delà des limites naturelles, comme les morts-vivants.

Cela, il ne nous faudra jamais l’oublier. Je le dis et je le répète : notre clergé est peut-être moribond à Luskan, les luskaniens préférant célébrer la vie que songer à la mort. Oui, c’est inévitable. Mais nous ne saurons pour autant délaisser nos devoirs, notre devoir le plus sacré. Celui de lutter toujours et à tout instant contre la Non-Vie. Ces abominations violent les règles, mais menacent le sens même de la vie. Elles remettent en cause les fondements même de notre univers. Nous ne saurions tolérer leur existence : leur extermination est la seule solution possible, et cette extermination doit être totale. Or la disparition de cadavres du cimetière ne fait pas que profaner la dignité humaine de nos concitoyens. Cela alimente sans aucun doute les sombres machinations de quelques sinistres magiciens –des nécromants-. Nous ne pouvons tolérer cela, d’aucune façon.

Oublier les morts, c’est oublier où nous sommes et pourquoi nous nous y trouvons.

Et je le jure, nous n’oublierons pas nos morts. Nous les protègerons. J’ordonne à nos fidèles, aussi peu nombreux soient-ils, de tout faire pour permettre à notre Clergé de redresser la situation désastreuse qui est aujourd’hui la sienne. Mon prédécesseur était trop vieux, c’est possible, mais il m’a légué Sa Maison, et je compte bien la rebâtir. Il est de notre devoir de lutter contre ce commerce monstrueux, de trouver et de tuer les nécromants et de permettre à chacun d’enterrer ses morts dans la sérénité la plus complète.

Nous mourrons tous, mais nous mourrons en ayant accompli notre devoir.

Il en va de notre salut.

Discours du Magister Arturus Galfwick, Evêque du Clergé de Kelemvor de Luskan, 25/12/1411

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Lun 29 Mar - 6:19

Citation :
La parole est à Léothar Syndarsis, Général des Armées de Mirabar, Protecteur du Conseil Etincelant

extraits

[...] Les circonstances ont voulu que, pour assister à ce Conseil, je revienne de l’Ouest et que je fasse la route à cheval. Ce matin, en arrivant sur les hauteurs, je regardais comme je le faisais souvent du temps où j’étais encore patrouilleur, ma ville de Mirabar, si belle sous le soleil automnal. J’admirais les feuillages mordorés et la douceur de la courbe des collines plus à l’horizon, le frémissement et le scintillement de la Mirar, et je pensais que, sur cette terre-là, vit une race qui, depuis des siècles, pratique l’ordre et l’indépendance. Elle ne les perdra pas !

Ne l’oublions jamais, tous ceux qui se sont occupés de politique, et l’histoire est remplie d’exemples qui les appuient, s’accordent à dire que quiconque veut fonder un Etat et lui donner des lois doit supposer d’avance les hommes méchants, et toujours prêts à montrer leur méchanceté toutes les fois qu’ils en trouveront l’occasion. Si ce penchant demeure caché pour un temps, il faut l’attribuer à quelque raison extérieure, et croire qu’il n’a pas encore eu l’occasion de montrer sa vraie nature. Mais le temps qui, comme on dit, est le père de toute vérité, le met ensuite au grand jour. Les hommes ne font le bien que par la force des choses. Mais dès qu’ils ont le choix et la liberté de commettre le mal avec impunité, ils ne manquent de porter partout turbulence et désordre.

Nous le savons, et nos lois veillent à ce que ni le désordre, ni la turbulence ne puissent naître en notre puissante cité. Nous avons éliminé les fauteurs de troubles par nature l’année dernière, conformément aux souhaits du Conseil et du Marquis. Les orques, démons, diables et leurs maléfiques engeances ont été exterminés. Piques ; têtes ; remparts : la leçon a porté ses fruits. Les honnêtes gens n’ont plus peur à présent du mauvais sang, et la ville respire, sous l’œil vigilant de l’armée que j’ai l’honneur de diriger.

Nous avons combattu, nous combattons encore l’esclavagisme, le banditisme et tous les vices de cette morale déliquescente qui est le lot de notre temps. Nous sommes souverains sur nos terres, et ce combat y a porté ses fruits. Chaque jour, les hommes de l’armée suent sang et eau pour accomplir la volonté du Conseil. Mais Luskan, cité décadente et fourbe, manœuvre afin de ruiner nos efforts.

Cette cité, aisément vaincu par notre glorieuse armée il y a de cela treize années, se veut « tolérante », accueillant la lie des races pensantes. Il s’agit d’un lieu lugubre, sinistre, où les pires pulsions animales y ont commerce. Prostitution, salle de jeux, trafics en tout genre, piraterie y ont libre cours ; pire, la pensée ainsi que la parole y sont libres, tout comme les allées et venues, les unions et le commerce. Orques, tieffelins et sous-races y vivent, elles se font certes discrètes mais leur présence est connue de tous, et rien n’y est fait. Des humains purs sang y épousent des demi-orques ; un tieffelin est même devenu le bras droit d’un riche marchand gnome, commandant ainsi à bien des humains. Le vice y est récompensé, là-bas, peu importe la pureté du lignage, peu importe les nécessités de l’ordre. "Seul le mérite compte" : pour un luskanien, le mérite est synonyme de fourberie, de ruse. Qu'importe l'honneur, la loyauté, la noblesse, qu'importe la famille, les dettes et la responsabilité. Mais qu'on se le tienne pour dit : un mirabarien vaut dix luskaniens. Ils nous trouvent durs, liberticides. Mais chez nous, nulle corruption, nulle immoralité, nul chaos : la sécurité et la paix pour tous, voilà ce que nous offrons.

Quant au commerce libre, sachez que les luskaniens ont prévu deux exceptions : une pour les caravanes en provenance de Mirabar, l'autre pour les caravanes en provenance de Padhiver.

Non content de fouler aux pieds les principes essentiels d’un bon gouvernement et des bonnes races –nains ou humains-, Luskan encourage le banditisme : le laxisme de sa Justice à l’égard des bandits attrapés est bien connu. Ils sont bannis, exilés à l’Est et au Sud. Et, je vous le demande, qu’y a-t-il à l’Est et au Sud ? Mirabar et Padhiver. Ces reîtres, ces moins que rien viennent dans nos campagnes violer nos compagnes et piller nos biens. Il faut punir ces reîtres, mais aussi la main qui les a mené jusqu’à nous.

Nous savons que le Seigneur de Padhiver est atteint d’une grave anémie, qu’il peut mourir d’une minute à l’autre –mais cela fait presque trois mois-. Les provocations de Luskan ne sauraient rester sans réponses. Il est nécessaire de les intimider, afin de les faire reculer. Lorsque le chien voit la main du maître se lever, il recule : levons la main, Luskan reculera.

Nous demandons, pour la protection de notre peuple, pour la sécurité de nos vassaux, pour la grandeur de Mirabar, une augmentation du budget militaire.[...]

Discours au Conseil Etincelant, quatrième tome, 03/02/1412

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Ven 2 Avr - 6:58

Citation :
Un groupe originaire de Bryn Shander se dirige vers l'Epine Dorsale du Monde.

Ces mineurs, escortés par des mercenaires de la Légion Ecarlate, venaient de dresser leur campement au sommet d'une butte, butte dont les pentes vertigineuses assuraient au groupe une sécurité relative. Ayant quitté Bryn Shander puis pris par l'Ouest -l'Est étant aux mains des Nouveaux Tyrans-, ils étaient passés devant la forêt des Havres. Il s'agissait du reliquat de ce qu'elle fut, mais ce qu'il en restait n'en était pas moins dangereux.

Wex Junior était de garde, ce jour-là. Drapé dans sa pélisse de phoque, couvert de fourrure teinte de noir et de rouge, il se faisait plus l'effet d'un quelconque barbare que d'un rutilant guerrier. Mais il ne s'en plaignait pas trop, la froide morsure de la bise nordique ayant raison de ses hésitations à ce sujet. Wex, donc, était de garde. Il porta d'abord son regard au Sud, voyant sur l'horizon gris-bleu les montagnes déployant comme une ombre immense, et comme évanouie la succession de leurs plans divers et leurs cimes déchiquetées. Ces montagnes étaient formidables, un ennemi plus redoutable qu'aucun monstre. Ces montagnes lui faisaient l'effet d'immenses géants hostiles et glacés. Immenses alors même qu'il en était bien loin. Il eut un frisson.

Il se tourna alors vers l'Ouest et le Nord. Là, les arbres régnaient sans partage. La forêt prolongeait à perte de vue ses enchevêtrements prodigieux de racines et de branches, les mille nueances de vert ponctuées çà et là du rouge des Arbres-Sang et par le flamboiement jaune des quelques feuillus touchés par la fin de l'Eté (si tard arrivé, si tôt parti). Au moindre souffle de ce maudit vent, Wex en entendait gémir et craquer les ramures infiniment plus âgées que lui, qui n'avait que 18 printemps. Les myriades de feuilles et d'aiguilles de pins se soulevaient en un instant, tel un sombre océan de verdure gonflé, battu par la tempête, éternel.

N'importe quoi pouvait jaillir de cette houle, n'importe quoi ramper sous son couvert, invisible dans les ténèbres, s'approchant encore...encore...

La poix engluait les environs : le crépuscule arrivait à son terme, le jour passant le relais à la nuit. Seule l'Epine Dorsale au loin semblait encore visible, lui rappelant des flammes figées. Le sol de la forêt était depuis longtemps plongé dans les ténèbres, seule les cimes étant encore éclairées par cette lumière liquide, par ce feu orangé qui donnait des teintes chaudes au monde entier. Au loin, au sud-ouest, il entraperçut des lueurs : c'était la calme, la paisible Termalaine. Plus loin se trouvait Bremen.

Cette dernière avait été libérée par un raid des Seigneurs de l'Aube, il y a de cela des années. Seigneurs de l'Aube qui eurent le bon sens d'employer l'immense fortune du Clergé à bon escient : ils engagèrent des mercenaires, et les meilleurs en l'occurence puisqu'il s'agissait de la Légion Ecarlate. Ce fut un rude combat, mais les non-vivants en furent bannis, et, grâce aux patients efforts des Seigneurs de l'Aube et des prêtres de Chauntéa, la vie put reprendre en Bremen. Il fallait oublier, tourner la page. Plus facile à dire qu'à faire : il n'aimait pas, par exemple, la seule idée de devoir faire une halte à Bremen. Un lieu où des choses si sinistres s'étaient produites...qui savait quelle malédiction pouvait encore planer sur ces lieux? Enfin, ils n'avaient guère le choix en l'occurence.

De la brume planait non loin de Bremen. Etrange. Il crut y apercevoir un éclair...sans doute un phénomène météorologique liés à ces terres inhospitalières. Il reporta son attention sur la forêt, plus susceptible de causer problème que le Sud.

Depuis que la Mer s'était retirée, il y a de cela 9 ans -soit un an après la libération de Bremen et le repeuplement de Bryn Shander et deux après la découverte dans l'Epine-, on prétendait que le terrifiant Bosquet Sombre avait réinvesti les Havres. Bouffonerie, assurément, toute la partie Nord de la forêt avait disparue de même que le village, et même si la mer s'était retirée, rien ne pousserait plus jamais là-bas, c'était certain. Il s'agissait d'un immense chaos de pierre et de glace, un lieu tourmenté. Nulle personne ne pouvait y vivre. Et on avait aperçu aucun lycanthrope depuis bien longtemps -il en restait un clan, tout au plus, et il faisait profil bas-.

Cette maudite découverte avait repeuplé la région, pestait-il intérieurement. Sans elle, pas de Bremen, plus de Bryn, pas d'immigration, pas de gens avides pensant pouvoir refaire leur vie ici et y faire fortune. Pas de convois à escorter. Il pourrait plutôt avoir des missions à Padhiver. C'est bien, Padhiver. Ou au Calimshan. De chouettes plages...Ah le sable...

Au lieu de ça, il se trouvait dans le trou du cul de Toril, un lieu polaire, prospère certes, mais divisé entre le Zentharim à l'Est, la mystérieuse Caer Dineval au Nord-Est -étrangement active depuis une année, quoique toujours aussi fermée à l'étranger-, Bryn Shander au Nord -la cité la plus puissante et le point de chute préféré des colons, avant Bremen-, ainsi que Termalaine et Bremen. Targos était sous le contrôle du Zentharim, et Belle-Prairie était sa vassale, certes, mais l'on disait aussi qu'à Belle-Prairie, il restait une poche de résistance orthodoxe...c'était à en perdre son loross, indubitablement. Quoiqu'il en soit, et fort heureusement, la volonté expansionniste de ces tyrans était bridée par la fédération des cités de l'Ouest : Bryn Shander, Termalaine et Bremen. Quant à Caer Dineval, nul ne savait vers qui sa loyauté irait -la neutralité jusque là affectée semblait convenir à son mystérieux dirigeant-. Heureusement que les Havres n'étaient qu'un lieu de désolation, la situation était déjà bien assez explosive sans qu'en plus un nouvel acteur entre en jeu.

Enfin, en tant que mercenaire, de quoi se plaignait-il? Cela lui promettait contrats, et donc or. Il ne manquait plus que des femmes, pour se tenir chaud.

Il soupira. La nuit allait être longue.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Lun 5 Avr - 12:00

Citation :
Un navire aurait coulé au large de Luskan. Il s'agissait d'un navire pirate, la Chienne des Mers, dont l'équipage était connu pour être spécialisé dans les raids terrestres. Bien que ne donnant pas traditionnellement dans l'esclavagisme -ils vendaient leurs services au plus offrant-, on dit que près de deux cent prisonniers auraient coulé avec le navire. On ignore ce qui s'est passé. Aucun survivant, dit-on.

Cependant, certaines rumeurs prétendent qu'une partie de l'équipage aurait survécu. Pis, que des prisonniers, une vingtaine dit-on, se seraient disséminés dans Luskan et ailleurs.

On ignore d'où arrivait ce navire et quelle était sa destination ; une enquête officielle a été diligentée, dirigée par le Capitaine Lannis Bararth, un des Onze Capitaines de Luskan.

Citation :
Organisation militaire luskanienne :

Chaque Capitaine dirige une Compagnie, chacune spécialisée dans un domaine bien précis. Ces compagnies sont divisées en deux, chaque sous-partie étant nommée "Section". Un Lieutenant en a la charge, il y a donc deux Lieutenants par Capitaine. Chaque Lieutenant a sous ses ordres 4 Sergents, chacun dirigeant une "Patrouille".

Les 11 Compagnies de Luskan sont :

-La Compagnie Montée Légère (chevaux rapides, archers montés et éclaireurs montés)

Sous les ordres du Capitaine Eric Dondarthan, vétéran de la Guerre du Pont. Homme discret, peu bavard mais efficace et loyal. Il a sous ses ordres 66 cavaliers

-La Compagnie Montée Lourde (chevaux de guerre, chevalerie montée)

Sous les ordres du Capitaine Banneret Flint de Corfer, un jeune luskanien fier et arrogant, de bonne éducation et d'une vive intelligence mais ayant la réputation d'être implacable et sans merci. Il a sous ses ordres 30 chevaliers, 30 écuyers

La cavalerie de Luskan est faible comparativement à celle de Mirabar et surtout de Padhiver, qui dispose de la meilleure cavalerie de la région.

-La Milice de Luskan

Sous les ordres du Capitaine Lannis Bararth. Crapule corrompue jusqu'à la moelle, il combine une ruse certaine à un esprit de déduction notable. Sa Compagnie a pour particularité d'être la plus nombreuse mais aussi la plus faible. Elle compte 350 miliciens, chargés de la surveillance des rues luskaniennes.

-La Garde Arcanique

Sous les ordres du Capitaine Aïur Rentyl, un génasi de feu qui est par ailleurs Magisteris du Sud de la Tour des Arcanes. Il a à sa disposition une force de 12 mages de guerre, 3 prêtres et 3 artisans-mages. Compagnie la moins nombreuse, elle n'en est pas moins indispensable.

-Les Geôliers

Sous les ordres du Capitaine Garael Lacazur, un homme vicieux et unanimement considéré comme dangereux. Cette Compagnie a pour rôle le contre-espionnage, les interrogatoires et la surveillance des prisonniers. On ignore leur nombre exact. Une force de 30 hommes surveillent la prison et 2 prêtres assistent aux interrogatoires (la Section "Surveillance et Vérité"). Un nombre inconnu d'assassins et d'espions font partie de cette Compagnie (la Section "Ombre"), on les estime à une trentaine.

-La Compagnie d'Intervention Forestière (CIF)

Sous les ordres du Capitaine Arkk, demi-orque bourru mais néanmoins doué dans le domaine militaire. Il a à sa disposition 80 hommes, 20 rôdeurs et 2 prêtres. Le Capitaine Arkk s'est distingué dans la chasse aux malarites. Sa Compagnie a un rôle tant d'éclaireur et d'espionnage que d'attaque, via la guérilla et les embuscades.

Sa couleur est le vert, elle stationne en forêt.

-La Compagnie Ardente

Sous les ordres du Capitaine Helwis Fitz, homme chevronné et charismatique, mais aussi téméraire. Cette Compagnie, qui a pour particularité d'être vêtue totalement en rouge, stationne près de l'Abbaye tempusienne. Les soldats les plus entraînés sont membres de cette Compagnie d'élite. Il s'agit traditionnellement de l'avant-garde luskanienne, mais il arrive aussi qu'on téléporte certains de ses membres derrière les lignes ennemies.
Cette Compagnie compte 55 guerriers et 5 prêtres de guerre.

-La Force d'Intervention (FI)

C'est le gros de l'armée professionnelle luskanienne. La Capitaine Malicia Thorne la dirige d'une main de fer. Elle compte 200 soldats et 20 artilleurs. Elle surveille l'enceinte de Luskan.

Les autres Compagnies sont celles de la Marine.

Luskan dispose de la Marine la plus puissante de la région, surtout avec le renfort des navires pirates (qui ne sont pas directement sous le commandement de l'armée, chaque capitaine de navire pirate étant roi à bord).

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Mer 7 Avr - 6:23

Citation :
Faits divers

-Luskan a annoncé hier la fuite d'un clan Kobolds sis jusque là dans notre belle forêt. La C.I.F a signalé qu'une patrouille est l'oeuvre de cet exploit, fort utile à nos amis caravaniers qui ont eu à déplorer plusieurs blessés du fait de chausses-trappes et plusieurs chariots brisés qu'ils ont dû abandonner (les kobolds semble-t-il espéraient cela, se contentant de ce qui était abandonné).
Le Clergé de Waukyne quant à lui salue cette action, signalant que "les personnes prêtes à mettre leur vie en jeu pour assurer la bonne marche des échanges économiques et ainsi accroître la prospérité générale sont les héros d'aujourd'hui. Tous, hommes et femmes, illustres ou inconnus, ont la bénédiction de Waukyne. Nous nous engageons à soutenir les héros du jour dans leurs actions futures".

-Garry Trempe-Tifs, un des trois contremaîtres du Port, a été agressé dans sa maison. Pour se venger, dit-on, il aurait entamé une série d'inspections sur plusieurs navires. Deux navires de commerce padhiverien, un navire de la Compagnie de la Fiole de Mirabar et trois navires pirates ont été inspecté, les retenant ainsi à quai une semaine entière.
Les capitaines de ces navires hurlent au complot "c'est un acte de concurrence déloyale", prétend ainsi le Capitaine du Riant Chérubin, "Luskan essaie de mieux placer ses propres marchands en nous mettant des bâtons dans les roues".
Un responsable luskanien que la Gazette a interrogé s'est permis de rappeler aux capitaines en colère que divers navires pirates ont aussi été inspecté. "Nous voulons nous assurer de la sécurité des échanges, à Luskan. Nous ne cautionnons en rien la piraterie et ne favorisons personne. Ces contrôles sont faits au hasard."
Une enquête a toutefois été diligenté suite à une rixe entre l'équipage de la Croix de Feu et la Milice. "Laisser des pirates à quai, c'est forcément causer du souci" commente un sergent de la Milice. Garry Trempe-Tifs est en ce moment auditionné par le Capitaine de la Compagnie des Geôles.

-Un cambriolage spectaculaire a eu lieu, dans la soirée. La Banque "Le Crédit Luskanien" a été la cible d'un groupe de cinq individus, résolus, dont un magicien semble-t-il. La Garde Arcanique a été chargé de l'affaire. Un butin de 25.000 pièces d'or a été emporté par les malfaiteurs.

-A Padhiver, Elrand l'Avisé, dirigeant depuis 15 ans de la cité de Padhiver après avoir succédé à Nasher Alagondar, serait dans un état critique. Interrogé par la Gazette, un de ses proches déclare "Il reste conscient la plupart du temps, il peut encore gouverner. Je tiens à rappeler à certains qu'il n'est pas encore mort. C'est un grave manque de respect envers sa personne que d'agir comme s'il l'était".

Extraits de la Gazette de Luskan, 27/03/1412

Playlist de Garael (pour Tyler Bates, Fever Dream, voir sur Deezer pour la version in extenso) :

Découvrez la playlist Renouveau avec Tyler Bates

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Jeu 8 Avr - 8:54

Citation :
Il savait qu'il était encerclé, mais ni la panique ni la nervosité ne l'envahirent. Il ne pensait qu'au gain de temps que cette situation apportait. Il pouvait sentir la présence de quatre de ces horreurs ; des trolls des forêts, êtres aussi haut qu'un humain -environ 1m85 à vue de nez-, plus petits que les autres trolls donc mais aussi bien plus rusés. L'embuscade dans laquelle il était tombé en témoignait. L'un d'entre eux dans son dos tentait de s'approcher discrètement, préparant son assaut.

Il fléchit les genoux ; il trancha à sa gauche : touché. Puis à droite. Son épée courte étincela ; il dégaina sa seconde épée courte, les faisant virevolter de concert en un ballet mortel, les éclairs métalliques bientôt teintés de l'écarlate du sang troll qui giclait avec abondance. Des hurlements. Une main griffue se tend vers lui ; main qui retombe au sol, sectionnée au poignet. Une lame dans un coeur ; une autre qui pare : il se sentait vivant, entier, à sa place dans cette cacophonie de cris, de chocs et de fureur.

Ayant fini sa danse mortelle, qui faisait voleter sa mèche blonde tressée, il rengaina. Sans un regard en arrière, il partit, laissant les trolls agonisant se remettre. Il n'avait pas de temps à perdre pour si peu : il avait une tâche autrement plus importante en ces bois, qu'il n'avait pas arpenté depuis ce qui lui semblait être une éternité.

Il reprit sa route, à grandes enjambées, avec une nonchalance incroyable pour une personne venant tout juste de massacrer des trolls. Déterminé, l'esprit concentré sur sa mission, le reste n'avait que peu d'importance.

"Il faut que je la trouve, il le faut"


Citation :
L'enfer de la Guerre du Pont était loin derrière. Il se souvenait. L'attente interminable, la mort des prisonniers suite à la destruction de la baliste, le sauvetage de Varghest par Lacazur et Oryan, la retraite, le harcèlement, la contre-attaque aérienne, le massacre du régiment par les Loups de Sang puis la trahison padhiverienne puis naine, la conscription, la libération des prisonniers dont l'ancien conseiller Raphaël d'Ampharensen, la fin de la guerre et l'arrivée de Varghest, Kreyt Fine-Lame, Kailinyth Esysham et Tiber d'Archenvalt. Il se souvenait de la nomination des capitaines, des gardes différentes, des tensions croissantes. Puis la peur, les non-vivants, le sac de Luskan.

Une période difficile. Mais cet ennemi extérieur, puis la reconstruction, avaient permis une sorte de cohésion.

Tout cela ne fut que temporaire, hélas.

La tentative d'assassinat d'Adokas Nemetsk et de Varghest avait tout déclenché. La contre-attaque fut sanglante. Les gardes se déchiraient, chacun choisissant son camp. Le capitaine Tristan Malak avait quitté son poste suite à la découverte des mensonges de Kailinyth Esysham. Le Capitaine Oryan soutint Varghest et Nemetsk, suivi par son Lieutenant, Lacazur. Fine-Lame, Esysham et d'Archenvalt se liguèrent contre Nemetsk et Varghest.

Le chaos dura un mois entier.

Lorsque la fumée des combats retomba, suite à l'assassinat de la Haute-Capitaine Kailinyth et de la pendaison de toute sa famille, Fine-Lame avait disparu -prit la poudre d'escampette, sûrement, et ce avec panache comme à son habitude- et Archenvalt avait quitté la ville.

Il savait ce qui s'était passé, bien sûr. Des trahisons et des actions opportunistes avaient façonné le visage de la nouvelle Luskan.

Kahir Oryan, soutien fidèle de Varghest, avaient acquis la place de Fine-Lame -il s'était effectivement distingué lors d'une bataille dans le port-. Ruffin l'Ecarlate avait aussi eu droit à un poste, on ignore pourquoi. Enfin, Isabelle Naldyr, Haute Prêtresse de Waukyne et amie des marchands reprenait la place d'Archenvalt. La division par quartier fut dissoute pour éviter de les voir à nouveau se dresser les uns contre les autres. Toutefois, chacun avait sa zone d'influence et était responsable d'un aspect de Luskan.

Ainsi, dit-on, Luskan pouvait être arrogante et paranoïaque comme Nemetsk, dure et brutale comme Varghest, impitoyable et inflexible comme Oryan, rusée et sournoise comme l'Ecarlate, tolérante et avide comme Naldyr.

Il se souvenait, et il le savait.

Lui, Qaer Alan de la Tour des Arcanes, était décidément bien informé. Et, comme tout être digne d'intérêt le savait, le savoir c'est le pouvoir. Son Maître, après tout, l'avait mis là pour ça.

L'heure approchait, il le savait. Et il souriait.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Lun 12 Avr - 19:20

[Pour me faire pardonner pour mon absence]

Citation :
Chant de la Compagnie Ardente, en l'honneur du Capitaine Valéryan, tombé au front contre Mirabar

La revanche sonnait à l'Est et son étendard relevé
La Patrie retrouvait son âme, nos couleurs leur pureté,
Tandis que ceux de la Croix du Drapeau
Faisaient serment de combattre au Pont,
Le souffle sournois des orages d'acier

La foudre de l'assaut, la fourberie ennemie
Souillaient la terre du Pont de sueur et de sang
L'ombre de la mort devait faucher ce superbe élan
Ô Capitaine Valéryan, vous vouliez cette nuit,
Jeu de gloire ou de folie, narguer la mort,
Braver la moisson du feu, cruel sort.

Lieutenant de la Garde quand l'explosion a retenti,
Emporté par des jours de guerre sans le moindre espoir de répit
Vous avez dans les sillons de la campagne
Imposé la noble ardeur de Luskan
Et mêlé à cette boue un sang brûlant.


La foudre de l'assaut, la fourberie ennemie
Souillaient la terre du Pont de sueur et de sang
L'ombre de la mort devait faucher ce superbe élan
Ô Capitaine Valéryan, vous vouliez cette nuit,
Jeu de gloire ou de folie, narguer la mort,
Braver la moisson du feu, cruel sort.

Du front d'orient à la Passe Knadel, du Pont aux forts du Haut,
Vaniteuse est l'histoire des guerres, mais humble est celle des héros.
Valéryan, l'homme de tous les combats,
Un soir de Martel dans un ultime exploit,
D'un feu maudit fut la généreuse proie

La foudre de l'assaut, la fourberie ennemie
Souillaient la terre du Pont de sueur et de sang
L'ombre de la mort devait faucher ce superbe élan
Ô Capitaine Valéryan, vous vouliez cette nuit,
Jeu de gloire ou de folie, narguer la mort,
Braver la moisson du feu, cruel sort.

En ce soir nos plumes de gloire sont empourprées de votre sang.
Nos destins sont scellés au votre, donnez nous hardiesse et allant.
Si l'histoire est un recommencement,
Puissions nous vivre ce rêve envoûtant :
Un chef de guerre tombant au premier rang

La foudre de l'assaut, la fourberie ennemie
Souillaient la terre du Pont de sueur et de sang
L'ombre de la mort devait faucher ce superbe élan
Ô Capitaine Valéryan, vous vouliez cette nuit,
Jeu de gloire ou de folie, narguer la mort,
Braver la moisson du feu, cruel sort.

[c'est pas de moi hein, voici l'original : http://sans.reserves.free.fr/NPDS/Telechargements/Chants/StCyr%20-%20Colonel%20Cazeilles.mp3 ]

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Jeu 15 Avr - 11:26

[introduction musicale :