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 Les temps ont changé

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Flashouille
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MessageSujet: Les temps ont changé   Jeu 25 Mar - 15:31

Citation :
Voilà des semaines qu’il était sur les routes, en direction de Luskan. La Cité des Voiles était à présent le point de passage obligé pour l’Epine Dorsale du Monde, où, dix années auparavant, une importante découverte fut faite.

La région n’en restait pas moins sauvage : bandits, vagabonds et reîtres étaient de la partie, sans compter plus au Nord les clans gobelins, orques ou géants qui pillaient à qui mieux mieux les malheureux inconscients se rendant sur le toit d’Abeir-Toril.

Mais Rorth Malthus n’avait rien d’une proie facile. Massif, drapé dans ses pélisses de phoques et d’ours, sa barbe hirsute, son œil sombre et sa foisonnante toison noire donnait l’impression d’avoir devant soi un de ces monstrueux primates des forêts de Chult. Il n’en était rien, bien sûr : originaire des Marches d’Argent, il allait tenter sa chance à l’Ouest.

Il n’était pas le seul, loin de là. Il y a douze ans de cela, croyait-il se rappeler, de tragiques évènements s’étaient déroulés dans la région. Tragiques évènements suivis d’une paix sans précédent. Oh, bien sûr, les nobliauds et les roquets avides de pouvoirs complotaient encore, quelques assassinats émaillant parfois le cours tranquille de la vie des puissants. Mais le peuple n’avait pas à se plaindre. Aucune famine, même pas une disette. Pas d’épidémie –à part celle de grippe de l’année dernière, ah ils ont voulu nous effrayer avec, ces charlatans-. Pas de guerre, d’invasions, de destruction. Les marchands prospéraient, croissaient et se multipliaient avec la vigueur des mauvaises herbes ; les armées privées –Légion, Cohorte ou Boucliers Rouges bientôt imités par de multiples petits groupuscules- n’avaient jamais eu autant de clients. Luskan était reconstruite, Mirabar rayonnait, Padhiver n’avait jamais été aussi riche. Le Drim quant à lui avait connu une prospérité sans précédent, et ce après avoir frôlé l’extermination.

Rorth Malthus sourit. Oui, bien sûr, cet étalage indécent de richesse n’allait pas sans quelques inconvénients. La richesse attire les vautours et les rapaces de toutes sortes. Rorth Malthus savait de quoi il parlait.

-Maître, je n’en peux plus
-Hey mon gars, écoute-moi bien : ta gueule, dit Rorth en raffermissant sa prise sur le fouet avant de le brandir en un ample mouvement. Mouvement bientôt suivi du hurlement de l’esclave.

« Foutus pécores » maugréa-t-il en son for intérieur. Il jeta un regard autour de lui. Foutue forêt : sombre, dense, ancienne, elle puait la magie ou il ne s’y connaissait pas.

Il fit accélérer le pas à son cheval –et aux esclaves obligés de suivre à pied-. L’escorte qu’il avait dû payer à prix d’or lui était plus que jamais nécessaire. Sombres rumeurs, étranges disparitions, hurlements et sanglots dans la nuit. Des superstitions de paysans, rien de plus. Mais cela n’en restait pas moins troublant : deux livraisons s’étaient déjà égarées dans la nature. Il allait en avoir ce soir le cœur net. Glorieux combattant, il allait mettre en déroute ce qui lui volait ses précieuses marchandises.

La nuit tombait. Rien ne bougeait dans les bois. Le silence…Il réajusta sa position sur son cheval, jetant un regard inquiet autour de lui.
« ça pue le traquenard ou j’m’y connais pas… »

Un voile noir devant ses yeux. C’était si soudain…que se passait-il ? Il se sentit glacé jusqu’aux os, glacé jusqu’aux tréfonds de son âme. Des sueurs froides. Le souffle court. Il dégaina. Un hurlement insupportable, suivi de cris de panique. Il n’entendait pourtant nul coup férir. Un second hurlement d’agonie. Il sentit sa gorge se nouer, son estomac faire des siennes…Il raffermit sa volonté. Si fatigué…
Il ne vit rien venir. Un formidable coup d’estramaçon, qui fit éclater le côté de son crâne comme un melon trop mûr. Il s’effondra, mort.

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Dernière édition par Flashouille le Dim 28 Mar - 22:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Jeu 25 Mar - 15:32

Citation :
A Luskan, Yan Galyak s’impatientait. Cela faisait trois mois qu’il attendait qu’on lui livre enfin la marchandise. Son client avait besoin de clampins au plus vite, et il ne pouvait temporiser plus longtemps. Que pouvait bien faire ce fils d’ogre de Rorth ? Fulminait-il.

Il patientait non loin de la porte Est. Il allait devoir se hâter, il allait faire nuit. Il n’était pas bon de traîner seul dans les rues de Luskan, la nuit. Ah, la situation avait bien changé…Luskan la Propre était redevenu le cloaque immonde qu’il avait été…Tout ça était de la faute de ces maudits Hauts-Capitaines, et de ce mage. Tous corrompus. Qui diable avait eu l’idée de sauver la peau de Varghest ? Et de nommer les trois nouveaux ? Ceci dit, les affaires allaient au mieux en partie grâce à eux. Et à une certaine frange de la Garde. Sans compter de certaines restrictions budgétaires –un sacré pingre, ce Haut-Capitaine…-. Fini la division par quartiers –on avait frôlé la guerre civile en 1403-.
Les marchands avaient tiré partie de la situation géographique de Luskan, bien sûr. Et les organisations criminelles, en bonnes parasites, en avaient profité aussi. La stabilité a du bon, parfois.

Il passait la porte de sa demeure, Rue de la Chaude Nuit. Un lieu coquet, il n’en était pas peu fier.

Le problème, pensait-il, c’était les Clergés. La grande Cathédrale allait mal. Les autres clergés louchaient dessus, voulant tous offrir ce prestigieux édifice à leurs dieux respectifs…ces bigots ne comprenaient rien à certaines réalités de ce monde, décidément. Il se mit à sourire, en s’étirant.

Après s’être mis à l’aise, il s’approcha de sa chambre à pas feutrés. Il se glissa sous les draps, si chauds…c’était si agréable. Il posa une main sur le ventre de sa bien-aimée, enceinte, déposant un tendre baiser sur sa nuque. Elle se blottit contre lui, ensommeillée.

C’est ainsi que Yan Galyak, esclavagiste, s’endormit en cette froide nuitée de 1412.

Citation :
Il marchait à grand pas dans le complexe souterrain. Comment diable était-ce possible ? Comment ? Il ne saurait le tolérer. Le rituel approchait, il était proche, bien trop proche. Allaient-ils être prêts à temps ? Il lui faudrait d’autres sacrifices. Ses yeux bleus se posèrent sur la porte de son bureau…elle était à l’intérieur. Il la détestait déjà. Du moins, il l’aurait détesté s’il avait encore été capable d’éprouver certaines passions.
Mais il n’aimait pas, il en était sûr, devoir faire appel à cette femme de l’Est. Il allait toutefois avoir besoin d’alliés pour accomplir son œuvre. Telle était la Volonté du Seigneur. Qui était-il pour s’y opposer ? Il se passa une main sur son crâne chauve, tavelé. Il se faisait bien trop vieux pour tout cela…mais qu’importe sa lassitude, qu’importe la mort, il était prêt à tout pour parvenir à ses fins. A tout. Il posa sa main aux veines apparentes sur la poignée.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Dim 28 Mar - 23:07

Citation :

Chers clients,

Si je vous ai réuni aujourd'hui, dans mon illustre auberge, c'est comme vous le savez peut-être pour vous annoncer quelque chose à laquelle je songe depuis quelques temps déjà. En effet, mes chers amis, mes chers piliers, c'est avec émotion que je vous annonce mon départ à la retraite.

La guerre civile à laquelle nous avons échappé, qui a coûté la vie à l'un de nos chers dirigeants et vu l'exil de deux autres, m'a fait prendre conscience de la valeur que j'accordais à ma vie.

Me lever chaque jour si tôt pour me coucher si tard, cela vous use un homme. Je n'ai que quarante deux ans et je suis déjà un vieil homme.

Je ne vous cacherai pas le petit pincement coeur de vous voir maintenant tous réunis devant moi, avec tous ces souvenirs que nous avons en commun. J'ai une immense dette envers chacun de vous -entendons-nous bien, une dette affective, hein, pas question de boire à l'oeil-. Le moment est venu pour moi de me consacrer à d'autres choses et de profiter de tout ce temps libre qui m'est donné pour me découvrir, pour vivre pleinement ma vie.

L'auberge de Garfaux ne fermera cependant pas. Non ! Cette institution centenaire sera reprise par mon neveu, Nidar Felipe Garfaux.

Je ne vous oublierais pas. Si vous avez du chagrin du fait de mon départ, n'hésitez jamais à boire pour oublier.

Je terminerais simplement sur ces quelques mots : à la bonne vôtre camarades ! Et merci.

Discours du départ de Garfaux, 14/01/1404


Citation :

Comprenez que la mort fait partie de la vie !

Cette vérité toute simple, chacun de vous la ressent dans sa chair, jusqu’aux tréfonds de son âme. Cette vérité, Notre Seigneur, Kelemvor, ne l’a en rien inventé. Il y va de la vie elle-même. La vie est l’exception, la mort la règle : ne l’oubliez jamais.
Comprenez que la mort fait partie de la vie !

La mort n’a pas à être source de peur. Il s’agit de l’heure du bilan, de l’heure fatidique, c’est de la mort que vient la lumière qui éclairera vos vies, la mettra enfin en relief. Qui êtiez-vous ? Qui a réellement compté ? C’est à l’heure de la mort que vous le saurez, que nous le saurons. Sans vie, nul sens. Et sans le sens, à quoi bon ?

Il ne s’agit pas d’une fin, mais d’un commencement.

Frères, sœurs silencieuses, la mort est le début du voyage vers le Palais du Seigneur, qui dans son infinie sagesse sondera les cœurs et les âmes pour permettre à chacun de reposer là où il le mérite. L’impunité n’existe pas, l’ingratitude non plus, dans le Royaume du Seigneur. Chacun a ce qu’il mérité, ni plus, ni moins. La mort n’est pas le châtiment des mauvais, pas plus que la récompense des justes. La mort est le miroir de l’âme. Elle est ce que nous sommes.

La mort est un processus dans lequel il n’y a nulle tromperie, nulle dissimulation, nul hasard.

Nulle tromperie : chacun ici sait qu’il mourra. C’est ainsi que le monde est fait, par la grâce du Seigneur et des Dieux. Il n’y a là nulle dissimulation en ce que cette connaissance, nous en avons conscience diffusément, nous l’expérimentons chaque jour : tout naît, croît, décline puis meurt. L’aveugle ne pourra s’en prendre qu’à lui-même, le monde l’avait prévenu loyalement. Mais le hasard ? Cela signifie-t-il que c’est le Seigneur qui orchestre les accidents, les coïncidences, qui ôtent la vie à tant et tant ? Nullement. Cela signifie, frères, sœurs, que la Mort n’est pas question de probabilité, de chance ou de malchance. La mort est inévitable. La mort gagne à tout coup, sans tricher, c’est la loi. Les grands et les petits, les justes et les misérables, les héros et les vilains : tous seront fauchés.

Aidez les autres à mourir avec dignité lorsque viendra le moment, mais pas avant.

Oui, la dignité : voilà ce par quoi l’Homme est grand. Un homme qui n’a plus sa dignité n’est plus un homme. Mais qu’est-ce que la dignité ? C’est une notion floue mais néanmoins essentielle. Notre humanité, notre âme, nous donne un droit, je dirais. Et ce droit, c’est celui du respect primordial. L’on ne saurait nier ce droit à ceux pourvus d’une âme : on ne dispose pas des gens ainsi qu’il en va des choses. C’est cela, la vie, aussi. Les choses vivantes ne sont pas identiques aux choses mortes, et même mort, il nous reste quelque chose de cette dignité. La dignité habite nos vies et drape notre mort d’une aura diffuse. Nous ne sommes que chair, tendons, muscles, sang et os, c’est vrai. Mais c’est par notre dignité que nous touchons au Divin. Respecter cette part de Divin, c’est nous respecter nous-même, c’est respecter le Seigneur. Préserver la dignité des mourants et des morts nous hisse non seulement au-dessus des monstres, mais nous rapproche qui plus est du Seigneur.

Dressez-vous contre ceux qui voudraient artificiellement prolonger leur vie au-delà des limites naturelles, comme les morts-vivants.

Cela, il ne nous faudra jamais l’oublier. Je le dis et je le répète : notre clergé est peut-être moribond à Luskan, les luskaniens préférant célébrer la vie que songer à la mort. Oui, c’est inévitable. Mais nous ne saurons pour autant délaisser nos devoirs, notre devoir le plus sacré. Celui de lutter toujours et à tout instant contre la Non-Vie. Ces abominations violent les règles, mais menacent le sens même de la vie. Elles remettent en cause les fondements même de notre univers. Nous ne saurions tolérer leur existence : leur extermination est la seule solution possible, et cette extermination doit être totale. Or la disparition de cadavres du cimetière ne fait pas que profaner la dignité humaine de nos concitoyens. Cela alimente sans aucun doute les sombres machinations de quelques sinistres magiciens –des nécromants-. Nous ne pouvons tolérer cela, d’aucune façon.

Oublier les morts, c’est oublier où nous sommes et pourquoi nous nous y trouvons.

Et je le jure, nous n’oublierons pas nos morts. Nous les protègerons. J’ordonne à nos fidèles, aussi peu nombreux soient-ils, de tout faire pour permettre à notre Clergé de redresser la situation désastreuse qui est aujourd’hui la sienne. Mon prédécesseur était trop vieux, c’est possible, mais il m’a légué Sa Maison, et je compte bien la rebâtir. Il est de notre devoir de lutter contre ce commerce monstrueux, de trouver et de tuer les nécromants et de permettre à chacun d’enterrer ses morts dans la sérénité la plus complète.

Nous mourrons tous, mais nous mourrons en ayant accompli notre devoir.

Il en va de notre salut.

Discours du Magister Arturus Galfwick, Evêque du Clergé de Kelemvor de Luskan, 25/12/1411

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Lun 29 Mar - 6:19

Citation :
La parole est à Léothar Syndarsis, Général des Armées de Mirabar, Protecteur du Conseil Etincelant

extraits

[...] Les circonstances ont voulu que, pour assister à ce Conseil, je revienne de l’Ouest et que je fasse la route à cheval. Ce matin, en arrivant sur les hauteurs, je regardais comme je le faisais souvent du temps où j’étais encore patrouilleur, ma ville de Mirabar, si belle sous le soleil automnal. J’admirais les feuillages mordorés et la douceur de la courbe des collines plus à l’horizon, le frémissement et le scintillement de la Mirar, et je pensais que, sur cette terre-là, vit une race qui, depuis des siècles, pratique l’ordre et l’indépendance. Elle ne les perdra pas !

Ne l’oublions jamais, tous ceux qui se sont occupés de politique, et l’histoire est remplie d’exemples qui les appuient, s’accordent à dire que quiconque veut fonder un Etat et lui donner des lois doit supposer d’avance les hommes méchants, et toujours prêts à montrer leur méchanceté toutes les fois qu’ils en trouveront l’occasion. Si ce penchant demeure caché pour un temps, il faut l’attribuer à quelque raison extérieure, et croire qu’il n’a pas encore eu l’occasion de montrer sa vraie nature. Mais le temps qui, comme on dit, est le père de toute vérité, le met ensuite au grand jour. Les hommes ne font le bien que par la force des choses. Mais dès qu’ils ont le choix et la liberté de commettre le mal avec impunité, ils ne manquent de porter partout turbulence et désordre.

Nous le savons, et nos lois veillent à ce que ni le désordre, ni la turbulence ne puissent naître en notre puissante cité. Nous avons éliminé les fauteurs de troubles par nature l’année dernière, conformément aux souhaits du Conseil et du Marquis. Les orques, démons, diables et leurs maléfiques engeances ont été exterminés. Piques ; têtes ; remparts : la leçon a porté ses fruits. Les honnêtes gens n’ont plus peur à présent du mauvais sang, et la ville respire, sous l’œil vigilant de l’armée que j’ai l’honneur de diriger.

Nous avons combattu, nous combattons encore l’esclavagisme, le banditisme et tous les vices de cette morale déliquescente qui est le lot de notre temps. Nous sommes souverains sur nos terres, et ce combat y a porté ses fruits. Chaque jour, les hommes de l’armée suent sang et eau pour accomplir la volonté du Conseil. Mais Luskan, cité décadente et fourbe, manœuvre afin de ruiner nos efforts.

Cette cité, aisément vaincu par notre glorieuse armée il y a de cela treize années, se veut « tolérante », accueillant la lie des races pensantes. Il s’agit d’un lieu lugubre, sinistre, où les pires pulsions animales y ont commerce. Prostitution, salle de jeux, trafics en tout genre, piraterie y ont libre cours ; pire, la pensée ainsi que la parole y sont libres, tout comme les allées et venues, les unions et le commerce. Orques, tieffelins et sous-races y vivent, elles se font certes discrètes mais leur présence est connue de tous, et rien n’y est fait. Des humains purs sang y épousent des demi-orques ; un tieffelin est même devenu le bras droit d’un riche marchand gnome, commandant ainsi à bien des humains. Le vice y est récompensé, là-bas, peu importe la pureté du lignage, peu importe les nécessités de l’ordre. "Seul le mérite compte" : pour un luskanien, le mérite est synonyme de fourberie, de ruse. Qu'importe l'honneur, la loyauté, la noblesse, qu'importe la famille, les dettes et la responsabilité. Mais qu'on se le tienne pour dit : un mirabarien vaut dix luskaniens. Ils nous trouvent durs, liberticides. Mais chez nous, nulle corruption, nulle immoralité, nul chaos : la sécurité et la paix pour tous, voilà ce que nous offrons.

Quant au commerce libre, sachez que les luskaniens ont prévu deux exceptions : une pour les caravanes en provenance de Mirabar, l'autre pour les caravanes en provenance de Padhiver.

Non content de fouler aux pieds les principes essentiels d’un bon gouvernement et des bonnes races –nains ou humains-, Luskan encourage le banditisme : le laxisme de sa Justice à l’égard des bandits attrapés est bien connu. Ils sont bannis, exilés à l’Est et au Sud. Et, je vous le demande, qu’y a-t-il à l’Est et au Sud ? Mirabar et Padhiver. Ces reîtres, ces moins que rien viennent dans nos campagnes violer nos compagnes et piller nos biens. Il faut punir ces reîtres, mais aussi la main qui les a mené jusqu’à nous.

Nous savons que le Seigneur de Padhiver est atteint d’une grave anémie, qu’il peut mourir d’une minute à l’autre –mais cela fait presque trois mois-. Les provocations de Luskan ne sauraient rester sans réponses. Il est nécessaire de les intimider, afin de les faire reculer. Lorsque le chien voit la main du maître se lever, il recule : levons la main, Luskan reculera.

Nous demandons, pour la protection de notre peuple, pour la sécurité de nos vassaux, pour la grandeur de Mirabar, une augmentation du budget militaire.[...]

Discours au Conseil Etincelant, quatrième tome, 03/02/1412

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Ven 2 Avr - 6:58

Citation :
Un groupe originaire de Bryn Shander se dirige vers l'Epine Dorsale du Monde.

Ces mineurs, escortés par des mercenaires de la Légion Ecarlate, venaient de dresser leur campement au sommet d'une butte, butte dont les pentes vertigineuses assuraient au groupe une sécurité relative. Ayant quitté Bryn Shander puis pris par l'Ouest -l'Est étant aux mains des Nouveaux Tyrans-, ils étaient passés devant la forêt des Havres. Il s'agissait du reliquat de ce qu'elle fut, mais ce qu'il en restait n'en était pas moins dangereux.

Wex Junior était de garde, ce jour-là. Drapé dans sa pélisse de phoque, couvert de fourrure teinte de noir et de rouge, il se faisait plus l'effet d'un quelconque barbare que d'un rutilant guerrier. Mais il ne s'en plaignait pas trop, la froide morsure de la bise nordique ayant raison de ses hésitations à ce sujet. Wex, donc, était de garde. Il porta d'abord son regard au Sud, voyant sur l'horizon gris-bleu les montagnes déployant comme une ombre immense, et comme évanouie la succession de leurs plans divers et leurs cimes déchiquetées. Ces montagnes étaient formidables, un ennemi plus redoutable qu'aucun monstre. Ces montagnes lui faisaient l'effet d'immenses géants hostiles et glacés. Immenses alors même qu'il en était bien loin. Il eut un frisson.

Il se tourna alors vers l'Ouest et le Nord. Là, les arbres régnaient sans partage. La forêt prolongeait à perte de vue ses enchevêtrements prodigieux de racines et de branches, les mille nueances de vert ponctuées çà et là du rouge des Arbres-Sang et par le flamboiement jaune des quelques feuillus touchés par la fin de l'Eté (si tard arrivé, si tôt parti). Au moindre souffle de ce maudit vent, Wex en entendait gémir et craquer les ramures infiniment plus âgées que lui, qui n'avait que 18 printemps. Les myriades de feuilles et d'aiguilles de pins se soulevaient en un instant, tel un sombre océan de verdure gonflé, battu par la tempête, éternel.

N'importe quoi pouvait jaillir de cette houle, n'importe quoi ramper sous son couvert, invisible dans les ténèbres, s'approchant encore...encore...

La poix engluait les environs : le crépuscule arrivait à son terme, le jour passant le relais à la nuit. Seule l'Epine Dorsale au loin semblait encore visible, lui rappelant des flammes figées. Le sol de la forêt était depuis longtemps plongé dans les ténèbres, seule les cimes étant encore éclairées par cette lumière liquide, par ce feu orangé qui donnait des teintes chaudes au monde entier. Au loin, au sud-ouest, il entraperçut des lueurs : c'était la calme, la paisible Termalaine. Plus loin se trouvait Bremen.

Cette dernière avait été libérée par un raid des Seigneurs de l'Aube, il y a de cela des années. Seigneurs de l'Aube qui eurent le bon sens d'employer l'immense fortune du Clergé à bon escient : ils engagèrent des mercenaires, et les meilleurs en l'occurence puisqu'il s'agissait de la Légion Ecarlate. Ce fut un rude combat, mais les non-vivants en furent bannis, et, grâce aux patients efforts des Seigneurs de l'Aube et des prêtres de Chauntéa, la vie put reprendre en Bremen. Il fallait oublier, tourner la page. Plus facile à dire qu'à faire : il n'aimait pas, par exemple, la seule idée de devoir faire une halte à Bremen. Un lieu où des choses si sinistres s'étaient produites...qui savait quelle malédiction pouvait encore planer sur ces lieux? Enfin, ils n'avaient guère le choix en l'occurence.

De la brume planait non loin de Bremen. Etrange. Il crut y apercevoir un éclair...sans doute un phénomène météorologique liés à ces terres inhospitalières. Il reporta son attention sur la forêt, plus susceptible de causer problème que le Sud.

Depuis que la Mer s'était retirée, il y a de cela 9 ans -soit un an après la libération de Bremen et le repeuplement de Bryn Shander et deux après la découverte dans l'Epine-, on prétendait que le terrifiant Bosquet Sombre avait réinvesti les Havres. Bouffonerie, assurément, toute la partie Nord de la forêt avait disparue de même que le village, et même si la mer s'était retirée, rien ne pousserait plus jamais là-bas, c'était certain. Il s'agissait d'un immense chaos de pierre et de glace, un lieu tourmenté. Nulle personne ne pouvait y vivre. Et on avait aperçu aucun lycanthrope depuis bien longtemps -il en restait un clan, tout au plus, et il faisait profil bas-.

Cette maudite découverte avait repeuplé la région, pestait-il intérieurement. Sans elle, pas de Bremen, plus de Bryn, pas d'immigration, pas de gens avides pensant pouvoir refaire leur vie ici et y faire fortune. Pas de convois à escorter. Il pourrait plutôt avoir des missions à Padhiver. C'est bien, Padhiver. Ou au Calimshan. De chouettes plages...Ah le sable...

Au lieu de ça, il se trouvait dans le trou du cul de Toril, un lieu polaire, prospère certes, mais divisé entre le Zentharim à l'Est, la mystérieuse Caer Dineval au Nord-Est -étrangement active depuis une année, quoique toujours aussi fermée à l'étranger-, Bryn Shander au Nord -la cité la plus puissante et le point de chute préféré des colons, avant Bremen-, ainsi que Termalaine et Bremen. Targos était sous le contrôle du Zentharim, et Belle-Prairie était sa vassale, certes, mais l'on disait aussi qu'à Belle-Prairie, il restait une poche de résistance orthodoxe...c'était à en perdre son loross, indubitablement. Quoiqu'il en soit, et fort heureusement, la volonté expansionniste de ces tyrans était bridée par la fédération des cités de l'Ouest : Bryn Shander, Termalaine et Bremen. Quant à Caer Dineval, nul ne savait vers qui sa loyauté irait -la neutralité jusque là affectée semblait convenir à son mystérieux dirigeant-. Heureusement que les Havres n'étaient qu'un lieu de désolation, la situation était déjà bien assez explosive sans qu'en plus un nouvel acteur entre en jeu.

Enfin, en tant que mercenaire, de quoi se plaignait-il? Cela lui promettait contrats, et donc or. Il ne manquait plus que des femmes, pour se tenir chaud.

Il soupira. La nuit allait être longue.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Lun 5 Avr - 12:00

Citation :
Un navire aurait coulé au large de Luskan. Il s'agissait d'un navire pirate, la Chienne des Mers, dont l'équipage était connu pour être spécialisé dans les raids terrestres. Bien que ne donnant pas traditionnellement dans l'esclavagisme -ils vendaient leurs services au plus offrant-, on dit que près de deux cent prisonniers auraient coulé avec le navire. On ignore ce qui s'est passé. Aucun survivant, dit-on.

Cependant, certaines rumeurs prétendent qu'une partie de l'équipage aurait survécu. Pis, que des prisonniers, une vingtaine dit-on, se seraient disséminés dans Luskan et ailleurs.

On ignore d'où arrivait ce navire et quelle était sa destination ; une enquête officielle a été diligentée, dirigée par le Capitaine Lannis Bararth, un des Onze Capitaines de Luskan.

Citation :
Organisation militaire luskanienne :

Chaque Capitaine dirige une Compagnie, chacune spécialisée dans un domaine bien précis. Ces compagnies sont divisées en deux, chaque sous-partie étant nommée "Section". Un Lieutenant en a la charge, il y a donc deux Lieutenants par Capitaine. Chaque Lieutenant a sous ses ordres 4 Sergents, chacun dirigeant une "Patrouille".

Les 11 Compagnies de Luskan sont :

-La Compagnie Montée Légère (chevaux rapides, archers montés et éclaireurs montés)

Sous les ordres du Capitaine Eric Dondarthan, vétéran de la Guerre du Pont. Homme discret, peu bavard mais efficace et loyal. Il a sous ses ordres 66 cavaliers

-La Compagnie Montée Lourde (chevaux de guerre, chevalerie montée)

Sous les ordres du Capitaine Banneret Flint de Corfer, un jeune luskanien fier et arrogant, de bonne éducation et d'une vive intelligence mais ayant la réputation d'être implacable et sans merci. Il a sous ses ordres 30 chevaliers, 30 écuyers

La cavalerie de Luskan est faible comparativement à celle de Mirabar et surtout de Padhiver, qui dispose de la meilleure cavalerie de la région.

-La Milice de Luskan

Sous les ordres du Capitaine Lannis Bararth. Crapule corrompue jusqu'à la moelle, il combine une ruse certaine à un esprit de déduction notable. Sa Compagnie a pour particularité d'être la plus nombreuse mais aussi la plus faible. Elle compte 350 miliciens, chargés de la surveillance des rues luskaniennes.

-La Garde Arcanique

Sous les ordres du Capitaine Aïur Rentyl, un génasi de feu qui est par ailleurs Magisteris du Sud de la Tour des Arcanes. Il a à sa disposition une force de 12 mages de guerre, 3 prêtres et 3 artisans-mages. Compagnie la moins nombreuse, elle n'en est pas moins indispensable.

-Les Geôliers

Sous les ordres du Capitaine Garael Lacazur, un homme vicieux et unanimement considéré comme dangereux. Cette Compagnie a pour rôle le contre-espionnage, les interrogatoires et la surveillance des prisonniers. On ignore leur nombre exact. Une force de 30 hommes surveillent la prison et 2 prêtres assistent aux interrogatoires (la Section "Surveillance et Vérité"). Un nombre inconnu d'assassins et d'espions font partie de cette Compagnie (la Section "Ombre"), on les estime à une trentaine.

-La Compagnie d'Intervention Forestière (CIF)

Sous les ordres du Capitaine Arkk, demi-orque bourru mais néanmoins doué dans le domaine militaire. Il a à sa disposition 80 hommes, 20 rôdeurs et 2 prêtres. Le Capitaine Arkk s'est distingué dans la chasse aux malarites. Sa Compagnie a un rôle tant d'éclaireur et d'espionnage que d'attaque, via la guérilla et les embuscades.

Sa couleur est le vert, elle stationne en forêt.

-La Compagnie Ardente

Sous les ordres du Capitaine Helwis Fitz, homme chevronné et charismatique, mais aussi téméraire. Cette Compagnie, qui a pour particularité d'être vêtue totalement en rouge, stationne près de l'Abbaye tempusienne. Les soldats les plus entraînés sont membres de cette Compagnie d'élite. Il s'agit traditionnellement de l'avant-garde luskanienne, mais il arrive aussi qu'on téléporte certains de ses membres derrière les lignes ennemies.
Cette Compagnie compte 55 guerriers et 5 prêtres de guerre.

-La Force d'Intervention (FI)

C'est le gros de l'armée professionnelle luskanienne. La Capitaine Malicia Thorne la dirige d'une main de fer. Elle compte 200 soldats et 20 artilleurs. Elle surveille l'enceinte de Luskan.

Les autres Compagnies sont celles de la Marine.

Luskan dispose de la Marine la plus puissante de la région, surtout avec le renfort des navires pirates (qui ne sont pas directement sous le commandement de l'armée, chaque capitaine de navire pirate étant roi à bord).

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Mer 7 Avr - 6:23

Citation :
Faits divers

-Luskan a annoncé hier la fuite d'un clan Kobolds sis jusque là dans notre belle forêt. La C.I.F a signalé qu'une patrouille est l'oeuvre de cet exploit, fort utile à nos amis caravaniers qui ont eu à déplorer plusieurs blessés du fait de chausses-trappes et plusieurs chariots brisés qu'ils ont dû abandonner (les kobolds semble-t-il espéraient cela, se contentant de ce qui était abandonné).
Le Clergé de Waukyne quant à lui salue cette action, signalant que "les personnes prêtes à mettre leur vie en jeu pour assurer la bonne marche des échanges économiques et ainsi accroître la prospérité générale sont les héros d'aujourd'hui. Tous, hommes et femmes, illustres ou inconnus, ont la bénédiction de Waukyne. Nous nous engageons à soutenir les héros du jour dans leurs actions futures".

-Garry Trempe-Tifs, un des trois contremaîtres du Port, a été agressé dans sa maison. Pour se venger, dit-on, il aurait entamé une série d'inspections sur plusieurs navires. Deux navires de commerce padhiverien, un navire de la Compagnie de la Fiole de Mirabar et trois navires pirates ont été inspecté, les retenant ainsi à quai une semaine entière.
Les capitaines de ces navires hurlent au complot "c'est un acte de concurrence déloyale", prétend ainsi le Capitaine du Riant Chérubin, "Luskan essaie de mieux placer ses propres marchands en nous mettant des bâtons dans les roues".
Un responsable luskanien que la Gazette a interrogé s'est permis de rappeler aux capitaines en colère que divers navires pirates ont aussi été inspecté. "Nous voulons nous assurer de la sécurité des échanges, à Luskan. Nous ne cautionnons en rien la piraterie et ne favorisons personne. Ces contrôles sont faits au hasard."
Une enquête a toutefois été diligenté suite à une rixe entre l'équipage de la Croix de Feu et la Milice. "Laisser des pirates à quai, c'est forcément causer du souci" commente un sergent de la Milice. Garry Trempe-Tifs est en ce moment auditionné par le Capitaine de la Compagnie des Geôles.

-Un cambriolage spectaculaire a eu lieu, dans la soirée. La Banque "Le Crédit Luskanien" a été la cible d'un groupe de cinq individus, résolus, dont un magicien semble-t-il. La Garde Arcanique a été chargé de l'affaire. Un butin de 25.000 pièces d'or a été emporté par les malfaiteurs.

-A Padhiver, Elrand l'Avisé, dirigeant depuis 15 ans de la cité de Padhiver après avoir succédé à Nasher Alagondar, serait dans un état critique. Interrogé par la Gazette, un de ses proches déclare "Il reste conscient la plupart du temps, il peut encore gouverner. Je tiens à rappeler à certains qu'il n'est pas encore mort. C'est un grave manque de respect envers sa personne que d'agir comme s'il l'était".

Extraits de la Gazette de Luskan, 27/03/1412

Playlist de Garael (pour Tyler Bates, Fever Dream, voir sur Deezer pour la version in extenso) :

Découvrez la playlist Renouveau avec Tyler Bates

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Jeu 8 Avr - 8:54

Citation :
Il savait qu'il était encerclé, mais ni la panique ni la nervosité ne l'envahirent. Il ne pensait qu'au gain de temps que cette situation apportait. Il pouvait sentir la présence de quatre de ces horreurs ; des trolls des forêts, êtres aussi haut qu'un humain -environ 1m85 à vue de nez-, plus petits que les autres trolls donc mais aussi bien plus rusés. L'embuscade dans laquelle il était tombé en témoignait. L'un d'entre eux dans son dos tentait de s'approcher discrètement, préparant son assaut.

Il fléchit les genoux ; il trancha à sa gauche : touché. Puis à droite. Son épée courte étincela ; il dégaina sa seconde épée courte, les faisant virevolter de concert en un ballet mortel, les éclairs métalliques bientôt teintés de l'écarlate du sang troll qui giclait avec abondance. Des hurlements. Une main griffue se tend vers lui ; main qui retombe au sol, sectionnée au poignet. Une lame dans un coeur ; une autre qui pare : il se sentait vivant, entier, à sa place dans cette cacophonie de cris, de chocs et de fureur.

Ayant fini sa danse mortelle, qui faisait voleter sa mèche blonde tressée, il rengaina. Sans un regard en arrière, il partit, laissant les trolls agonisant se remettre. Il n'avait pas de temps à perdre pour si peu : il avait une tâche autrement plus importante en ces bois, qu'il n'avait pas arpenté depuis ce qui lui semblait être une éternité.

Il reprit sa route, à grandes enjambées, avec une nonchalance incroyable pour une personne venant tout juste de massacrer des trolls. Déterminé, l'esprit concentré sur sa mission, le reste n'avait que peu d'importance.

"Il faut que je la trouve, il le faut"


Citation :
L'enfer de la Guerre du Pont était loin derrière. Il se souvenait. L'attente interminable, la mort des prisonniers suite à la destruction de la baliste, le sauvetage de Varghest par Lacazur et Oryan, la retraite, le harcèlement, la contre-attaque aérienne, le massacre du régiment par les Loups de Sang puis la trahison padhiverienne puis naine, la conscription, la libération des prisonniers dont l'ancien conseiller Raphaël d'Ampharensen, la fin de la guerre et l'arrivée de Varghest, Kreyt Fine-Lame, Kailinyth Esysham et Tiber d'Archenvalt. Il se souvenait de la nomination des capitaines, des gardes différentes, des tensions croissantes. Puis la peur, les non-vivants, le sac de Luskan.

Une période difficile. Mais cet ennemi extérieur, puis la reconstruction, avaient permis une sorte de cohésion.

Tout cela ne fut que temporaire, hélas.

La tentative d'assassinat d'Adokas Nemetsk et de Varghest avait tout déclenché. La contre-attaque fut sanglante. Les gardes se déchiraient, chacun choisissant son camp. Le capitaine Tristan Malak avait quitté son poste suite à la découverte des mensonges de Kailinyth Esysham. Le Capitaine Oryan soutint Varghest et Nemetsk, suivi par son Lieutenant, Lacazur. Fine-Lame, Esysham et d'Archenvalt se liguèrent contre Nemetsk et Varghest.

Le chaos dura un mois entier.

Lorsque la fumée des combats retomba, suite à l'assassinat de la Haute-Capitaine Kailinyth et de la pendaison de toute sa famille, Fine-Lame avait disparu -prit la poudre d'escampette, sûrement, et ce avec panache comme à son habitude- et Archenvalt avait quitté la ville.

Il savait ce qui s'était passé, bien sûr. Des trahisons et des actions opportunistes avaient façonné le visage de la nouvelle Luskan.

Kahir Oryan, soutien fidèle de Varghest, avaient acquis la place de Fine-Lame -il s'était effectivement distingué lors d'une bataille dans le port-. Ruffin l'Ecarlate avait aussi eu droit à un poste, on ignore pourquoi. Enfin, Isabelle Naldyr, Haute Prêtresse de Waukyne et amie des marchands reprenait la place d'Archenvalt. La division par quartier fut dissoute pour éviter de les voir à nouveau se dresser les uns contre les autres. Toutefois, chacun avait sa zone d'influence et était responsable d'un aspect de Luskan.

Ainsi, dit-on, Luskan pouvait être arrogante et paranoïaque comme Nemetsk, dure et brutale comme Varghest, impitoyable et inflexible comme Oryan, rusée et sournoise comme l'Ecarlate, tolérante et avide comme Naldyr.

Il se souvenait, et il le savait.

Lui, Qaer Alan de la Tour des Arcanes, était décidément bien informé. Et, comme tout être digne d'intérêt le savait, le savoir c'est le pouvoir. Son Maître, après tout, l'avait mis là pour ça.

L'heure approchait, il le savait. Et il souriait.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Lun 12 Avr - 19:20

[Pour me faire pardonner pour mon absence]

Citation :
Chant de la Compagnie Ardente, en l'honneur du Capitaine Valéryan, tombé au front contre Mirabar

La revanche sonnait à l'Est et son étendard relevé
La Patrie retrouvait son âme, nos couleurs leur pureté,
Tandis que ceux de la Croix du Drapeau
Faisaient serment de combattre au Pont,
Le souffle sournois des orages d'acier

La foudre de l'assaut, la fourberie ennemie
Souillaient la terre du Pont de sueur et de sang
L'ombre de la mort devait faucher ce superbe élan
Ô Capitaine Valéryan, vous vouliez cette nuit,
Jeu de gloire ou de folie, narguer la mort,
Braver la moisson du feu, cruel sort.

Lieutenant de la Garde quand l'explosion a retenti,
Emporté par des jours de guerre sans le moindre espoir de répit
Vous avez dans les sillons de la campagne
Imposé la noble ardeur de Luskan
Et mêlé à cette boue un sang brûlant.


La foudre de l'assaut, la fourberie ennemie
Souillaient la terre du Pont de sueur et de sang
L'ombre de la mort devait faucher ce superbe élan
Ô Capitaine Valéryan, vous vouliez cette nuit,
Jeu de gloire ou de folie, narguer la mort,
Braver la moisson du feu, cruel sort.

Du front d'orient à la Passe Knadel, du Pont aux forts du Haut,
Vaniteuse est l'histoire des guerres, mais humble est celle des héros.
Valéryan, l'homme de tous les combats,
Un soir de Martel dans un ultime exploit,
D'un feu maudit fut la généreuse proie

La foudre de l'assaut, la fourberie ennemie
Souillaient la terre du Pont de sueur et de sang
L'ombre de la mort devait faucher ce superbe élan
Ô Capitaine Valéryan, vous vouliez cette nuit,
Jeu de gloire ou de folie, narguer la mort,
Braver la moisson du feu, cruel sort.

En ce soir nos plumes de gloire sont empourprées de votre sang.
Nos destins sont scellés au votre, donnez nous hardiesse et allant.
Si l'histoire est un recommencement,
Puissions nous vivre ce rêve envoûtant :
Un chef de guerre tombant au premier rang

La foudre de l'assaut, la fourberie ennemie
Souillaient la terre du Pont de sueur et de sang
L'ombre de la mort devait faucher ce superbe élan
Ô Capitaine Valéryan, vous vouliez cette nuit,
Jeu de gloire ou de folie, narguer la mort,
Braver la moisson du feu, cruel sort.

[c'est pas de moi hein, voici l'original : http://sans.reserves.free.fr/NPDS/Telechargements/Chants/StCyr%20-%20Colonel%20Cazeilles.mp3 ]

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Jeu 15 Avr - 11:26

[introduction musicale : ]

Citation :
Citation :

Ecoutez les gnomes au fond des bois,
Il vivent beaucoup plus longtemps
Que les vivants
Regardez les Trolls, au fond des champs,
Il sont depuis la nuit des temps
Les plus méchants
On pourrait dire en parlant de toi
qu'il y a d'étranges créatures
Dans la nature
Mais nous voulons vivre tes aventures

Hedy, le gnome,
Toi le plus extraordinaire
Hedy, le gnome,
De tous les mystères de la terre
Hedy, le gnome,
Tu n'es qu'un tout petit lutin
Mais tu es le plus grand des magiciens

Sur les ailes d'un oiseau de nuit
tu voles aux quatre coins du ciel
Quand on t'appelle
Tu voles au secours de tes amis
chaque fois qu'ils ont de la peine
Tu es fidèle
Et malgré les Trolls, tes ennemis,
Les plus horribles créatures de la nature
Nous voulons voir toutes tes aventures

Hedy, le gnome,
Toi le plus extraordinaire
Hedy, le gnome,
De tous les mystères de la terre
Hedy, le gnome,
Tu n'es qu'un tout petit lutin
Mais tu es le plus grand des magiciens

Hedy, le gnome,
Si tu n'es qu'un petit bonhomme,
Hedy, le gnome,
Tu es plus fort que tous les hommes
Hedy, le gnome,
Si tu as plus de 300 ans,
Tu reste l'ami de tous les enfants

Hedy, le gnome,
Si tu n'es qu'un petit bonhomme,
Hedy, le gnome,
Tu es plus fort que tous les hommes
Hedy, le gnome,
Si tu as plus de 300 ans,
Tu reste l'ami de tous les enfants

Tapottant du pied, Hedoaen opinait. Il était satisfait. Ce message de propagande saurait convaincre chacun de sa superbe. Congédiant la barde d'un mouvement de la main, il se retourna vers le grand miroir au cadre d'argent, observant d'étranges scènes à travers ce dernier.

"Mon brave Hedoaen -tiens, je me parle à la troisième personne-, il va être temps de les intercepter si tu veux pouvoir les rendre utile. J'ai déjà un plan, tout devrait bien se passer, foi de moi, merci moi"

Quelques heures plus tard, dans une ruelle d'une étrange cité. Le ciel n'est rien d'autre qu'une immense ville...

-Archimage, j'ai...hum...une petite chose à vous signaler, en passant
-Je t'écoute, le gnome
-Vous savez, sur Faerûn, le Droit à l'Image est on ne peut plus primitif. D'ailleurs, ça me rappelle l'Histoire du Tableau de la Vierge Cochonne qui, en 1240...
-Abrège
-Oui, donc, comme je vous expliquais avant d'être interrompu, je me suis permis d'avoir recours à des illusions

Un silence l'accueillit. Il continua.

-Je voulais impressionner quelques individus que j'ai repéré. Ils pourraient être utiles, vous comprenez? Oui, vous comprenez, forcément. Ils sont ceux dont je vous avais parlé dans ma missive. Je me suis donc permis d'utiliser vos images, à vous tous. Y compris le Noir, là.

-Hé ho, on me respecte !
-Ah mais j'ai du respect pour toi, Arthur de Blanche Contrée. Ceci dit, servir de suppositoir à...
-Suffit, coupa fort opportunément l'Archimage. Bien, tu t'es donc fais passer pour nous. Est-ce tout?
-Hum...Je me suis aussi permis de réquisitionner le Manoir. J'ai téléporté tous les Naufragés là-bas.
-Le gnome, tu vas bien m'écouter. Si par malheur ils salopent mon manoir, c'est toi qui vas le sentir passer
-Ah non, pas la bouteille ! Promis, rien ne se passera, je prendrais toutes les dispositions à ce sujet !
-Parfait. Nous allions commencer une partie de boules, tu viens?
-Oh oui ! Il faut que je travaille ma concentration et la précision de mes gestes, cet exercice est on ne peut plus indiqué, je pense.

Le groupe de quatre se mit à rire en choeur ("hin hin hin"), les trois hommes tournant le dos, leurs capes virevoltant, des faisceaux de lumières colorées frappant les murs glauques de la ruelle, faisceaux issus de la boule à facettes trônant au sommet du Bâton d'un des terribles mages. Le gnome suivit, résolu : il n'allait pas se laisser vaincre aussi facilement.

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Dernière édition par Flashouille le Ven 16 Avr - 12:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Jeu 15 Avr - 17:36

Citation :

Chant du Second Régiment de l'Ouest, de Bryn Shander

La Mort chevauche à travers le pays,
Frappant sans choix les héros, les bannis
Fuyez ennemis sinon vous mourrez !
Nous autres face à elle n'avons de regrets !

Falalalalalalalala la la la la
La Mort qui rôde sur nos chemins.

Tremblent devant toi les lâches et les impurs
Car bientôt ils deviendront ta pâture ;
Nous les chargerons sans te craindre, Ô Mort,
Car tu es notre amie et nous vaincrons encore !

Falalalalalalalala la la la la
La Mort qui rôde sur nos chemins.

La Mort fauchant, rasant et dévastant
Décime nos rangs, frappant les survivants.
Mais le soir venu, nous la chanterons
Sans rancune, car c'est un vieux compagnon,


Falalalalalalalala la la la la
La Mort qui rôde sur nos chemins.

Un jour enfin tu viendras nous saisir,
A tes côtés nous serons fiers de partir,
Le Dieu des Combats nous accueillera.
Alors festoierons et ripaillerons en ton honneur

Ô Mort rôdant sur nos chemins.
Ô Mort rôdant sur nos chemins.

En avant la musique

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Dim 18 Avr - 19:38

Citation :
Avec un sanglot, il fit un pas de plus. C'est là le dernier, le tout dernier pensa-t-il. Il ne pouvait pas continuer, c'était impossible. Et pourtant, il fit un autre pas, et encore un. Impossible, je ne peux pas, ce n'est pas mes pieds, je ne peux plus.

Ses pieds lui faisaient l'effet de deux blocs de glace. Deux blocs blancs difformes, couverts de neige. Il buta dans une racine. Sous sa maille qui lui meurtrissait les épaules, sous ses fourrures, il avait froid, si froid. Il sentait la sueur lui couler le long du dos. La morve coulait de son nez. Mais il n'en avait cure. Continuer, il devait continuer, encore un pas, encore un, un de plus et...

Il avait perdu son épée. Ils étaient partis à vingt, il se souvenait. Une mission facile, qu'on leur disait. Ils n'avaient à faire qu'aux rebuts de la Division du Sang Noir. Oui, c'était vrai, ils firent un massacre dans les rangs ennemis, au début. Les flèches partaient, la mort pleuvait sur l'ennemi. Il était ivre de joie, il se sentait parfaitement invulnérable alors. Peu importe le passé, il n'y avait aucun avenir : seul l'instant comptait, sa flèche puis la suivante, et les ennemis qui hurlaient d'agonie, la gorge crevé ou un pied de bois leur dépassant de l'oeil.

Il trébuchait. Des pierres, des racines sous la neige. Comment en était-on arrivé là? Cette fuite désespérée, il ne savait même pas par où...Il avait dû partir à l'Est, il était seul, si seul...Du moins le pensait-il au début. Mais des trois survivants partis du même côté que lui, il était le dernier. Ils le talonnaient. Il ne pouvait s'arrêter.

Suite à cette première phase victorieuse, IL était arrivé. D'un mot de pouvoir grondant, une colonne de flammes s'était abattue des cieux. La colère des Dieux ! Deux de ses amis furent transformés en torches vivantes sous ses yeux, leurs yeux fondant, leur chair noircissant et se flétrissant abominablement. Il avait alors mouillé ses chausses. Ca puait la mort ; il avait la nausée. Les ennemis, jusqu'alors hagards, désorganisés, se reprirent. Et ils avancèrent résolument. Il s'était mis à trembler. Il avait fui, brisant la formation. Ce fut là encore un massacre, mais dans ses rangs cette fois. Il y avait échappé.

Avec un sanglot, il fit encore un pas. Ils le poursuivaient. Un hurlement épouvantable, puis un second, il y a une heure. Les deux autres étaient morts. Ils leur étaient tombés dessus. Il serait le prochain. Impossible d'arrêter. Il voulait vivre, vivre ! Mais la fatigue...et si froid, si froid. La neige tombait du ciel blanc, tapissant ses épaules voûtées. Puis il entendit quelque chose derrière lui...

Il se retourna. Un énorme loup noir grondant lui sauta dessus, d'un coup de crocs acéré lui arrachant à moitié le mollet. Il chuta, tâtonnant sur son flanc. Plus d'épées. Il l'avait abandonné là-bas. Il écarquilla les yeux, voyant sis sur le dos de l'énorme loup noir un petit être vert à l'air féroce, vêtu d'une cape brune. Il ne vit pas la seconde d'après la pique de la lance s'enfoncer dans son oeil.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Lun 19 Avr - 13:29

Citation :
Avant-Rapport du Haut Commandement de l'Ouest

L'armée de terre ennemie ("La Main") est divisée en quatre divisions :

-La Division Ruine, composée de fantassins légers. A pour charge des raids rapides et tout ce qui est mission de reconnaissance. Certains moines de l'ordre monastique sis dans l'Epine Dorsale y sont détachés. Code couleur : gris foncé

-La Division Apocalypse, composée de fantassins lourds, d'engins de siège et de la cavalerie. Des Chevaliers Noirs du Gantelet de Fer y sont rattachés. Elle est relativement polyvalente (cavalerie, fantassins et siège) et très impressionnante. Code couleur : noire

-La Division du Sang Noir. Composé des humanoïdes et monstres au service du Clergé du Tyran. Un peu moins disciplinée que les autres Divisions, bien qu'elle reste très professionnelle...et féroce. Code couleur : brun

-Division du Néant : de loin la moins nombreuse. Réuni les arcanistes et les combattants arcanistes. Présence de Magiciels. Couleur : bleu foncé

Nous disposons d'informations précises relatives à la Division du Sang Noir et à la Division Ruine. Chaque division sont divisées ensuite en plusieurs "phalanges". Dans l'esprit du Clergé, chaque Division de l'Armée est un doigt de la main (le pouce étant constituée des prêtres et de l'Ordre du Gantelet de Fer) ; chacun de ces doigts étant ensuite divisée en "phalanges".

La Division du Sang Noir est de loin la plus nombreuse. Les phalanges sont divisées selon un critère racial (les haines interraciales restant trop vives). Toutefois, plusieurs phalanges peuvent agir de concert sous l'autorité d'un prêtre.

Les tribus gobelines du Fleuve Gelé, du Glacier Bleu et de la Colline-aux-Esprits ont rejoint les forces ennemies. Cela fait entre 800 et 1100 gobelins en état de se battre.
NB : le clan du Crâne Givré a été anéanti lors de notre première escarmouche ; il était le moins nombreux.

Ils constituent la Phalange Gob.

Une troupe de mercenaires hobgobelins a été engagée : les Flèches Brisées. Ils sont près de quatre-vingt dix selon notre dernière estimation, et sont bien plus disciplinés et entraînés que les autres forces plus barbares de cette Division, à laquelle ils sont rattachés à titre temporaire.

Il s'agit de la Phalange Hob.

Les tribus gobelours du Lac de Glace et du Sang Gris ont rejoint les forces ennemies. On dénombre 250 combattants.

Il s'agit de la Phalange Ours


Les orques et les demi-orques sont une force traditionnelle de la Division du Sang Noir. On en dénombre cinq cent cinquante. Bien équipés, bien entraînés, ils constituent la principale phalange de cette Division.

Il s'agit de la Phalange Crâne.

Une force d'élite bien connue de vous, Frères de l'Ouest : les Ogres de Belle-Prairie. Peu nombreux, ils sont toutefois particulièrement puissants, d'autant plus qu'ils sont bien mieux équipés et bien plus disciplinés que leurs congénères sauvages. Ils sont une quarantaine, mais bénéficient d'une puissance à ne pas négliger. A noter la présence de trois Ogres Mages, en plus.

Il s'agit de la Grande Phalange.

Enfin une autre phalange temporaire a été ajouté à la Division du Sang Noir. Le Zentharim a en effet dépêché de l'Est des forces gnolls. Relativement épuisés par la marche forcée, ils ne seront pas de suite opérationnels. Ils sont deux à trois centaines.

Il s'agit de la Phalange Hyène.

Le nombre de cette Division peut impressionner. Toutefois, on peut noter que les forces gobelines, peu dangereuses, en constituent l'essentiel ; que les forces gobelours ou gnolls, qui en constituent une part non négligeable, les ont rejoint récemment et qu'il s'agit pour les premiers de sauvages, pour les seconds d'esclaves. Que seuls les orques, ogres et hobgobelins constituent une véritable menace.
[...]

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Mar 20 Avr - 20:39

Citation :
Il faisait gris, et un froid mordant planait sur les vastes étendues immaculées du Val Bise. Les chiens refusaient de suivre la piste.

Après n’avoir concédé qu’un reniflement aux traces de l’ennemi, la grande lice noire battit en retraite la queue entre les jambes, ralliant pathétiquement la meute avec un jappement piteux. La bise polaire ne l’épargnait pas, pas plus que le maître-chien de la Phalange de Recherche et de Diversion de la Division Ruine. Composée de trente hommes, elle était surtout composée d’animaux domestiqués dont la finalité était de repérer les ennemis et de les harceler. Les chiens en constituaient l’essentiel de l’effectif, bien sûr, mais on pouvait aussi trouver des ours entraînés et bien pis encore.

Putain de froid, trop dur pour les bêtes comme pour les hommes, mais il fallait bien le subir puisqu’on se trouvait là, dehors, en pleine nuit, alors que l’on venait à peine de sortir de l’hiver.

Le Maître-Chien fit claquer sa cravache au-dessus de la tête des chiens de sa meute, le chef de meute répliquant par un grondement « Bougez-vous le fion, ou j’vous butte » le prévint-il, sa voix rocailleuse mêlée à la buée gelée sur chaque mot.

« Merde, faut qu’on avance et vite ». Joignant le geste à la parole, il fit avancer toute sa meute en un silence surprenant. Il contournait discrètement les positions ennemies, il le savait.
Depuis le début des hostilités, il y a une semaine à peine, chaque nuit voyait les campements ennemis menacés par des chiens. C’était là sa mission : maintenir constamment une pression psychologique sur le Front Nord Brynois. Sa seule meute avait abattu trois brynois, et en avait blessé cinq autres. Il avait perdu deux chiens, et un d’eux y avait perdu un borgne, mais il s’estimait chanceux. Partout dans le Val Bise, une dizaine de maître-piqueux arpentaient les plaines enneigés avec cette même mission. Le meilleur aurait de l’avancement, avait-il entendu dire. Et ce serait lui, il n’en douterait pas. Il ne se faisait aucune illusion sur les intentions de ces bâtards de l’Ouest ; il ne laisserait pas son peuple subir une telle chose.


Citation :
Rapport A32N1 du Lieutenant Duke


Nos patrouilleurs assurent la sécurité du soutien logistique en provenance de Termalaine et de Bremen. Nous notons une éventuelle menace originaire des Havres du Levant. Une mission dans ces bois semble devenir nécessaire, afin de s’assurer de l’inocuité de ses habitants.

Les forces ennemies se regroupent ; nous déplorons un harcèlement de la part des meutes de chiens ennemies. Nous avons réagi comme il se doit, en offrant une prime pour la peau de ces maudits chiens. Des chasseurs et des forestiers, non admis dans notre armée professionnelle, vont ainsi servir nos intérêts.

Deux groupes affiliés à la Cohorte du Colosse ont été repéré sur le Front Nord. Les mercenaires du Chien Enragé et les mercenaires de la Tour Crénelée constituent, d’après nos éclaireurs, une force d’une trentaine d’hommes, sans doute un peu plus. Bien que mal équipés et d’une trempe plus médiocre que celle de certaines phalanges bainites, ils nous posent certains problèmes. Ils rôdent en effet derrière nos lignes ennemies, leur traque risquant de nous priver de forces essentielles et leur élimination ne nous assurant pas un bénéfice stratégique supérieur aux coûts qu’il serait nécessaire d’engager, nous nous trouvons dans l’obligation d’en appeler à la petite troupe de la Légion Ecarlate stationnée non loin de nos murs.

Nous leur laisserons une semaine pour éliminer ces ennemis : laissons les mercenaires s’entretuer.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Mer 21 Avr - 16:22

Citation :




Il venait de franchir le portail. Le voyage interplanaire avait été mouvementé. Mais tout cela n'avait pas été vain. Son visage était masqué par les ombres ; son habit était sombre ; sa résolution était intacte. Il regardait son domaine : tout était en place. Il alla jusqu'à la bibliothèque, en prit un livre et se mit à l'étudier. Il se souvenait du moment où il l'avait écrit ; c'était il y a là dix-sept ans. Il se souvenait avec une précision incroyable des moindres détails de cet instant, de ses états d'esprit d'alors, de l'encre sur ses doigts, du contact du parchemin contre sa paume, de la fierté qu'il avait fugitivement ressenti mêlée à l'insatisfaction d'avoir encore tant à découvrir.

Cette insatisfaction, il la ressentait encore.

Il s'approchait pourtant, il le savait, de ce qu'il avait recherché toute sa vie durant. Il s'approcha d'un miroir, et après une incantation aussi brève qu'impérative, se mit à l'observer intensément.

Il s'en détourna au bout de dix minutes. Rien de bien nouveau sous le soleil. Des fous agressent d'autres fous, la nonchalance masquant la bestialité, la politesse des lames de rasoirs. Mais mieux valait que les chiens fous se sautent mutuellement à la gorge, c'était là une chose certaine. Autrement, ils se retourneraient contre lui. Et il en avait sa claque des pécores pétant plus haut que leur cul. La paix, c'est le bonheur. Qu'on lui foute la paix, voilà où se trouvait sa plus haute aspiration en matière de relations humaines. Qu'ils lui épargnent les remugles nauséabonds de leur présence était tout ce qu'il attendait d'eux.

Il s'avanca vers son bureau. Se saisit d'une plume. Et rédigea une missive, au style léger mais direct, clair et pourtant fourmillant de sous-entendus.

Il y a des batailles qu'on gagne à la pointe de l'épée, d'autres qu'on remporte par la seule force de la plume se surprit-il à penser.

Un sourire ourla alors ses lèvres. Puis, en partant, une vague d'hilarité le prit, un "HIN HIN HIN" tonitruant sortant de son gosier. L'ironie, il adorait ça, décidément.

Le Pingre allait revenir la semaine d'après, le Noir l'accompagnerait. Il avait une idée précise de la façon dont ils allaient devoir agir. Quant au gnome, il avait encore une fois disparu. Il devait être en train de pêcher au bord du Caer, avec son âne. Enfin, peu importe, il avait rempli convenablement son rôle. Il ne suffisait plus qu'attendre un peu, que tout ça se décante.

Citation :
Question à Hedoaen Skorasegydal, extrait de la Gazette "le Petit Arcaniste"

R : C'est une bonne situation ça, gnome?

H.S : Vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonnes ou de mauvaises situations. Moi si je devais résumer ma vie, aujourd’hui, avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi, et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée, parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face, je dirais le miroir qui vous aide à avancer ; alors ce n’est pas mon cas comme je le disais là, puisque moi au contraire j’ai pu et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu’amour, et finalement quand beaucoup de gens aujourd’hui me disent : Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ? Et bah je leur réponds très simplement, je leur dis : c’est ce goût de l’amour, ce goût donc qui m’a poussé, aujourd’hui, à entreprendre une construction mécanique mais demain, qui sait, peut-être, simplement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi…

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Mer 21 Avr - 23:48

Citation :
Loin vers l'infini s'étendent
De grands prés marécageux.
Et là-bas nul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux.

Ô Terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher, piocher

Dans ce camp morne et sauvage,
Entouré de murs de fers,
Il nous semble vivre en cage,
Au milieu d'un grand désert.

Ô Terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher, piocher

Bruits de pas et bruits des armes
Sentinelles jours et nuits.
Et du sang, des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit.

Ô Terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher, piocher

Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira
Liberté, liberté chérie
Je dirais tu es à moi

Ô Terre enfin libre
Où nous pourrons revivre
Aimer, aimer, aimer



Puis le bruit du fouet interrompit la chanson qui montait de la Seconde Phalange Pénitentiaire de la Division Ruine. Soldats s'étant montrés indisciplinés, n'ayant pas fait montre d'assez de Foi, ils devaient purger leur peine en se montrant le plus utile possible à la communauté. Qu'importe si certains mourraient : ils l'avaient mérité.

Travaillant dans ce froid polaire, encore et encore, ils étaient les mains invisibles permettant la fortification d'urgence de Belle-Prairie et du flanc Sud.

Qu'importe l'espoir, qu'importe les torts, qu'importe la Justice : le fouet était la loi.

Monstrueux? Indubitablement. Mais avaient-ils le choix? Pensait le bourreau. C'était cela ou pis que la mort, qui les attendait. Ils devaient protéger tout ce pour quoi ils s'étaient toujours battus. Comment pouvait-on tolérer une telle agression? L'ennemi ferait bien pis s'il venait à vaincre : la mort de quelques criminels était donc un faible prix à payer face à ce que promettait l'échec.

Le souffle court, la morve figeant le devant de son écharpe noire, il brandit à nouveau son fouet.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Sam 24 Avr - 14:04

Citation :
Présentation des Forces Armées de l’Ouest

Bremen

Bremen dispose en tout de trois régiments.

Le premier régiment se nomme Crépuscule. Il s’agit d’une force armée composée essentiellement d’archers, de quelques engins de sièges et de prêtres de Chauntéa spécialisée dans les soins et la défense. On dénombre deux cent archers entraînés et une dizaine de prêtres et acolytes de Chauntéa.

Le deuxième régiment se nomme Zénith, il s’agit de la principale force de Bremen, composée de tout l’ost bremenois et des villages vassaux et compagnies mercenaires. Moins bien équipés que les autres (sauf pour les mercenaires), ils sont beaucoup plus nombreux et polyvalents que les autres : on y trouve des fantassins légers (rondache/hache ou épée courte), des piquiers et des arbalétriers, essentiellement, ainsi que des archers voire des cavaliers (une quinzaine d’hommes) et des fantassins lourds (guère plus d’une quarantaine), des mercenaires d’élite bien entendu. On dénombre un millier d’hommes.

Le dernier régiment se nomme l’Aube Nouvelle, il s’agit de la force d’élite bremenoise. On y trouve des paladins de Lathandre, des cavaliers, piquiers, archers et fantassins aguerris ainsi qu’un prêtre de Lathandre aguerri et deux de ses acolytes. Ils ne sont pas plus de cent cinquante mais sont sans doute les plus impressionnants.


Termalaine

Cité à l’histoire relativement paisible, on y trouve trois régiments. Ils ont les meilleurs archers du Val Bise, bien qu’ils soient relativement médiocres dans les autres domaines. Ils disposent aussi d’infrastructures particulièrement utiles en matière de soins et d’accueil des blessés et soldats épuisés.

Le Régiment Naksul est le plus vieux régiment. Il est toutefois désormais composé essentiellement de nouveaux immigrants. C’est une troupe polyvalente de deux cent cinquante soldats.

Le Régiment Eowynn est un régiment ouvert, composé d’elfes, demi-elfes, d’humains, venant tant de Termalaine que d’ailleurs. Il y a là près de cent archers d’élites.

Le Régiment Blanc est un régiment de reconnaissance, qui a pour particularité sa tenue totalement blanche. Il fut constitué dit-on après l’incident de la Belette des Neiges. Il compte près de cinquante individus

Bryn Shander

Bryn Shander, la plus grande cité de l’Ouest (suivi par Bremen puis Termalaine. Les cités du Val Bise ont connu une croissance exponentielle, ce qui explique en partie le conflit actuel) dispose de cinq régiments.
Le Premier Régiment compte quatre cent cinquante hommes, pour la plupart inexpérimentés.

Le Second Régiment compte deux cent cinquante soldats. C’est un régiment polyvalent, pivot de l'armée brynoise

Le Régiment du Cerf est le régiment d’élite de Bryn Shander. Il compte cent cinquante soldats, tous formés à l’Académie du Nord (tous comme les officiers de l’armée brynoise). La plupart maîtrisent quelques tours de magie, les gradés de ce régiment étant de véritables chevaliers arcaniques.

Le Régiment du Corbeau est le reste de l’armée lorgolite. Composé de vétérans lorgolites et de fils de militaires de Lorgol, c’est un régiment discipliné, dur, inflexible, expérimenté. Incontestablement les meilleurs soldats de l’Ouest. Ils sont une centaine.

La Force de Pacification Spéciale (FPS) est composé de cent cinquante individus, triés sur le volet. Ils sont chargés des « tâches spéciales » qui consistent à pacifier les terres conquises à l’Est.

A cela s’ajoute trois groupes de mercenaires, d’environ cinquante individus chacun. Ils agissent indépendamment des forces brynoises, n’étant pas incorporé dans leur armée. Ces trois groupes sont la Légion Ecarlate, les Boucliers Rouges et les Lames-Corbeaux.


Citation :
La Division Ruine


La Division Ruine est une des deux principales divisions en homme de la Main Noire, avec la Division du Sang Noir.

Elle est divisée en phalanges.
On compte en tout cinq phalanges dans cette Division.

La Première Phalange Pénitentiaire, composée de cinquante hommes parmi les plus dangereux du Nord. Ils viennent pour la plupart d’Erchamion. Ce sont des combattants excessivement dangereux (et indisciplinés). La liberté voire la fortune est au rendez-vous s’ils survivent.

La Seconde Phalange Pénitentiaire est composée de soixante cinq individus. La cinquantaine de prisonniers est constituée de soldats punis. Il s’agit du « trou ». Leur mission est de bâtir, construire, réparer et d’accomplir au mieux toute tâche qu’on leur donnera. La quinzaine de soldats restants sont les bourreaux, des restes des anciens loviaths de la région. Ils surveillent les deux premières phalanges.

La Phalange Canine est une phalange constituée d’à peine trente individus. Ce sont tous des dresseurs aguerris. Nombre de créatures et d’animaux sont à leur service ; il n’y a toutefois aucun compte exact en la matière.

La Phalange de Combat est une phalange constituée de trois cent cinquante soldats. Expérimentés, disciplinés, ils feront face à toute situation.

La Phalange Fantôme est constituée d’éclaireurs, d’assassins, de moines détachés de l’Ordre de l’Emeraude et de spécialistes des pièges. Un véritable cauchemar pour les ennemis si on leur laisse toute latitude. On dénombre une quarantaine d’individus y opérant.

Cinq prêtres ont été détaché à cette Division.

La Division Apocalypse

Est composée de trois phalanges. Il s’agit de la Division la plus redoutée, avec la Division du Néant, particulièrement mystérieuse.

La Phalange Montée est constituée de cent cavaliers, lourdement armés, les chevaux étant carapaçonnés. Ils sont le cauchemar de toute infanterie.

La Phalange Noire est constituée de tous les chevaliers noirs hors de l’Ordre du Gantelet de Fer. On compte vingt-cinq chevaliers, montés pour la plupart.

La Phalange d’Assaut, composée d’infanterie lourde et des meilleurs soldats des quatre Divisions. Ils protègent les armes de sièges. Ils sont cent cinquante.


La Division du Néant

C’est une Division mystérieuse. Ils sont les moins nombreux, avec une très forte composante arcanique, mais on ignore leur nombre tout comme leurs pouvoirs ou leur organisation…

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Sam 24 Avr - 19:03

Citation :
Le renouveau du Nord, extraits


De 1365 à 1399 CV, il y a très peu de sources sur le droit du commerce : il s’agit essentiellement d’une période de repli durant laquelle l’économie reste essentiellement rurale. Et, corrélativement, les villes se dépeuplent. Kaer Konig, Bois-Isolé et d’autres cités sont abandonnées en faveur de Lorgol, qui finira elle aussi dépeuplée finalement. Hundelstone a connu bien des hauts et des bas, pour être finalement dépeuplée. Il en va de même pour Port-Llasth. Luskan, qui avait près de quinze mille habitants, a chuté à près de 10000 du fait d’une succession d’évènements dramatiques. Il en va de même pour d’autres cités, comme Mirabar ou Padhiver, bien qu’à un degré moindre. L’apparition puis la disparition d’une cité elfique et d’une cité naine témoigne de la décadence marquant cette époque.


A partir de 1399 CV toutefois, les choses changent. On assiste à une forte progression démographique qui est liée principalement à la diminution des guerres (surtout des guerres privées). Les guerres privées ont été le fléau de la période précédente, car tous se battaient contre tous. Ce fut une période d’insécurité, marquée aussi par de grandes invasions (Coalition du Sombre Espoir, armée du Culte du Dragon, armées d’Othokranasamislox). Le morcellement du territoire, avec la création de seigneuries et les guerres privées en résultant ont aussi été la marque de cette époque (« l’Empire du Val Bise » finissant à nouveau par tout un ensemble de cités rivales, il en va de même pour Luskan qui a fini divisée par quartiers. D’autres forces se sont adjugés de plus ou moins vastes portions de territoires durant cette période).


Mais la paix, l’apparition de l’Eglise de Waukyne dans la région et la découverte de grandes richesses dans l’Epine Dorsale ont tout changé.
-La croissance démographique reprend et a eu pour conséquence qu’il faut défricher des surfaces cultivables. Il y a un fort facteur de mobilité des populations, une immigration venant de l’Est et du Sud étant notable. Les villes se sont repeuplés, avec le cas à part de Karhak Drim et de la Cité Elfique qui se sont repeuplés pour des raisons légèrement différentes.
-Le second facteur de repeuplement, ce fut la Croisade dans le Val Bise, qui se déroula de 1400 à 1402. Ce fut une grande expédition militaire contre le Mal sévissant dans le Val Bise : Bremen, Termalaine et Bryn Shander furent ainsi libérés par une véritable armée de fanatiques (notamment un groupe d’aventuriers, dont Brennus fut la figure de proue). Cette croisade eu pour effet indirect d’établir des échanges commerciaux avec le Sud. Luskan s’est par ailleurs beaucoup enrichie, car elle se trouve sur le chemin entre le Sud et le Val Bise.


-Cet axe Nord-Sud a été ouvert par la Croisade mais s’est maintenue depuis. Cet axe consiste en échanges commerciaux depuis lesquels Luskan joue un trôle très important : les luskaniens rapportent du Nord des produits bruts, précieux (Cornedentelle, Mithril, Or, Argent, Gemmes) et les commercialisent à l’Est et au Sud. Mirabar apporte le fer, l’acier et le cuivre au Nord ; Padhiver les textiles et les biens raffinés. Le cadre géographique du commerce s’ouvre dans notre période sur des distances bien plus lointaines.

Cependant, il existe encore divers obstacles à cet essor :

-Il existe beaucoup d’entités politiques autonomes. Il n’y a pas un centre du pouvoir. Dans un tel système, chaque entité perçoit des taxes (trop nombreuses), imposent des péages à l’entrée et à la sortie de son territoire et contrôlent la production sur son territoire. C’est un régime encore trop dirigiste et une économie de subsistance. Un tel système, et nous le déplorons, est trop peu favorable au commerce. Cela se justifierait par la protection militaire promise par chaque entité politique ; mais les budgets militaires que permettent ces taxes sont si importants que chaque cité perçoit l’autre comme étant une potentielle menace, ce qui crée des tensions et de là de l’insécurité. Cette insécurité grandissante pousse donc les Seigneurs à augmenter encore les budgets…et le cercle vicieux se perpétue.

En outre, certaines cités pratiquent un protectionnisme éhonté (Karhak Drim), certaines voies commerciales par ailleurs dépendant par trop de facteurs indépendants des marchands (ainsi Hundelstone est menacée par des druides, des orques ou des nains, tandis que la route du Sud ou de l’Est dépend de l’amour que se portent Mirabar, Padhiver et Luskan !).
Le deuxième obstacle au bon développement du commerce est la multiplicité de clergés qui lui sont hostiles. On trouve sur ces terres sauvages des talosiens, des umberlites, des garagosiens, des maskoriantes et d’autres clergés destructeurs ou de brigands. Les clergés de Tempus et de Heaum, bien implantés à Luskan, méprisent le commerce ; le puissant clergé d’Ilmater de Padhiver ne le voit pas non plus d’un bon œil. Enfin, le clergé bainite ne tolère le commerce qu’à des conditions strictes. Le poids de ces clergés est considérable, aussi bien dans la vie sociale que dans la vie politique. La fonction du marchand ne correspond pas à leurs dogmes, trop souvent. On se méfie des marchands pour diverses raisons, mais aussi pour une raison morale (notamment auprès du Clergé d’Ilmater) : le commerce est source de profits, mais ces profits peuvent être illicites et surtout, ces profits peuvent être sources de tentation. La finalité du commerce apparaît donc comme étant douteuse : ainsi certains clergés prônent-ils la notion de « juste prix », à savoir un prix n’enrichissant pas le vendeur.


Elric Bois-Manteau, prêtre de Waukyne



Citation :
Négociation et achat d'esclaves pour le Nord, récit d’un témoin [tiré du Trône de Fer]



« Ne sont-ils pas superbes ? » demandait le négrier à son futur client. Le négrier en question était un grand homme, gras, aux grands yeux noirs soulignés par du maquillage, à la lippe boudeuse, son crâne chauve surmonté d'un turban. Particulièrement bronzé, le négrier de Calimshan avait bien des bijoux précieux , une dent en or étincelant à chacun de ses sourires. Le client était quant à lui une grande trique pâlichonne, étroit d'épaules, vêtu simplement et légèrement. Ses yeux d’un bleu glacé, ses fines lèvres serrées, son visage émacié, sa calvitie naissante, son nez droit et fin, tout respirait en lui la sévérité.

« Ils pourraient être utiles » répondit le client, lapidaire. Le négrier opina en réponse. Il exhalait de lui des parfums capiteux, à croire qu'il s'était baigné dedans.
« Ils sont les meilleurs au monde, Homme du Nord. Ils manient comme personne les armes les plus exotiques. Le plus mauvais d’entre eux manie le bouclier bien mieux que le meilleur de vos hommes libres ».

Le négrier suait à grosses gouttes, ses deux gros seins plein de graisses visibles à travers le drap de soie lui servant de vêtements. Un bref regard dégoûté du nordique ponctua cet insalubre constat, ce dernier posant ensuite ses yeux sur la marchandise. On cuisait sur la Plaza Del Sol de Calimport. Le nordique avait vu la lie de l’humanité ici, des hordes de mendiants en haillons d’où s’exhalaient des odeurs fétides, dont la seule description pourrait donner la nausée au plus intrépide des hommes, mais il n’en avait cure. Le devoir l’avait amené ici, les malheureux d’une cité de l’autre bout du monde ne le concernait en rien. Les bâtiments richissimes autour de lui ne rendaient le contraste que plus saisissant avec la noire misère qu’il avait pu voir, deux rues plus loin. La chaleur étouffante de ce lieu le suffoquait.


Sont-ils de chair ou de brique ? pensa-t-il. Si cette atmosphère torride les affectait, ils n’en montraient rien. Une centaine d’esclaves avait été extirpé de leurs baraquements pour être exhibé. Aligné sur un rang, il pouvait voir une centaine d’hommes dans un garde-à-vous parfait, leurs yeux vides fixant un point invisible devant eux. Pas un seul n’avait bougé un muscle depuis une heure. Il en était admiratif. Lui-même, à l’ombre, avait du mal à supporter la chaleur, tout comme les habitants du coin. Eux, au soleil depuis une heure, restaient inflexibles. Mais ça n’était pas leur résistance au soleil qui l’intéressait.


Tous étaient nus. A leur pieds, ils avaient leurs armes, leurs boucliers, leurs armures matelassées, leurs ceinturons, leurs sandales. Ainsi le nordique pouvait mieux admirer la fermeté de leur anatomie.


« Ils sont sélectionnés tout jeunes, en fonction de leur taille, de leur force, de leur vélocité. A cinq ans commence leur entraînement. Ils s’entraînent dès lors de l’aube au crépuscule, jusqu’à ce qu’ils maîtrisent le maniement des armes, du bouclier et de l’armure. C’est l’entraînement le plus rigoureux au monde. Il n’y survit qu’un garçon sur trois. On dit chez les Immaculés que, lorsqu’on mérite son casque à pointes, le pire est derrière. Aucune tâche ne peut être plus rude que l'entraînement » expliquait le négrier, ajoutant ensuite « cela fait un jour et une nuit qu’ils sont là, sans eau ni nourriture. Si je le désirais, ils resteraient là jusqu’à ce que mort s’ensuive. Si quatre-vingt dix neuf d’entre eux mourraient, le dernier d’entre eux resterait là, immobile, ne bougeant que quand la mort l’y contraindra »

« C’est de la démence »

« De la docilité. Il y a plus rapide, plus fort, plus grand que mes Immaculés. Quelques rares individus peuvent égaler leur adresse au combat. Mais rien au monde n’est plus discipliné qu’un Immaculé. »

Avançant le long du rang, il observait les physionomies offertes à ses yeux. Certains ressemblaient à des calishites Ils sont prêts à vendre ceux de leur race… songea le nordique. D’autres étaient de purs nordiques, blonds aux yeux bleus, d’autres encore avaient la peau cuivré et des yeux en amande, enfin certains d’entre eux avaient la peau d’un noir de jais. Certains étaient grands, d’autres plus petits. Leur musculature aussi variait : certains étaient massifs, d’autres avaient une musculature plus nerveuse. Ils avaient entre quinze et vingt ans. Mais tous étaient imberbes, tous avaient le même regard de pierre, que leurs yeux soient verts, bleus, marrons, gris ou dorés. Ils sont comme un seul homme… pensa le nordique, avant de se souvenir qu’il s’agissait là non d’hommes, mais d’eunuques.

« Pourquoi les châtrez-vous ? »

« Il est exact que, coupé jeune, un eunuque ne peut posséder toute la force d’un homme fait. Mais les eunuques disposent de quelque chose que les hommes n’ont pas. Quelque chose de meilleur que la force. Ils ont la discipline. Avec leur pas impeccable, ils sont les légions ressuscités de l’ancienne Calimshan. Ils sont d’une obéissance absolue. D’une loyauté absolue. D’une intrépidité absolument sans faille »

« Tout homme a peur de la mort ou de la mutilation… »

« Ils ne sont pas des hommes. Mort, souffrance, cela n’a aucun sens pour eux »

S’arrêtant devant un grand blond, il le cingla violemment à la figure, de sa cravache, ensanglantant sa joue imberbe. L’eunuque cilla, mais ne broncha pas d’un centimètre. Le sang ruisselait.

« Ils ont un certain courage » confirma le nordique

« Cela n’a rien à voir avec le courage, mon brave » répliqua le négrier dans un sourire étincelant. Il passa à l’eunuque suivant, un véritable colosse à la peau d’ébène. « Ton épée » commanda le négrier. L’esclave s’agenouilla, ramassant son épée pour la lui tendre cérémonieusement, garde en avant. « Debout » ordonna le négrier, et ce fut chose faites.
Il remonta alors lentement l’épée le long du torse, y traçant du nombril aux côtes un menu sillon écarlate. Après quoi la pointe se porta sous l’aréole rose d’un mamelon qu’elle se mit en devoir, allant, venant, de scier posément.
Le nordique écarquilla les yeux.

« N’ayez crainte, les hommes n’ont que faire de téton, les eunuques encore moins. Ce n’est là que du très bénin »

Comme le sein ne tenait plus que par un lambeau de peau, un revers sec le détacha, l’envoyant voler sur le sol, tandis qu’à sa place béait un œil pourpre qui saignait abominablement. L’eunuque ne s’anima que lorsque le négrier lui rendit son épée. Il la rangea, pour ensuite se remettre au garde-à-vous.

« Heureux d’avoir servi » dit le colosse

« Ils ne sentent pas la douleur. La drogue que nous leur administrons dès l’âge de cinq ans finit par les insensibiliser totalement. Nous leur coupons du reste tout l’engin. Ils sont libérés des pulsions animales des mâles. Le viol ne les intéresse pas, pas plus que le butin. En dehors de leurs armes, ils ne possèdent rien en propre. Ils n’ont même pas de nom à eux. » expliqua le négrier au nordique, encore sous le choc

« Pas de nom ? » murmura-t-il

« Oui, ils le tirent au sort chaque jour. Un nom de vermine, à chaque fois, pour qu’ils se souviennent bien qu’ils ne sont rien. Chaque matin, ils tirent un nouveau disque nominal, le rejetant dans le tonneau le soir venu. Ceux ne voulant pas se plier à cela sont éliminés, comme ceux incapables de courir avec un paquetage toute la journée, de gravir une montagne au plus noir de la nuit, de marcher sur des braises ardentes ou d’égorger un nouveau-né »

« De qui égorgent-ils les nouveau-nés ? »

« Pour décrocher son casque à pointes, tout Immaculé doit se rendre au marché aux esclaves avec une pièce d’argent. Là, ils s’y procurent un bébé vagissant. Et ils le tuent devant les yeux de sa mère. C’est le meilleur moyen pour nous de garantir qu’il ne reste en lui aucune trace d’hésitation ou de timidité. »

« Vous arrachez un bébé des bras de sa mère, vous le massacrez devant elle, et vous la dédommagez avec une unique pièce d’argent ?! »

« La pièce d’argent n’est pas pour la mère » dit le négrier dans un sourire éclatant « c’est pour le maître, pas pour la mère. Peu d’entre eux ratent cette épreuve. Ils ont plus de mal avec leur chiot, faut en convenir »

« Leurs chiots ? »

« Chacun se voit offrir un chiot, le soir même de leur castration. Ils s’en occupent, dorment avec lui, partagent leur nourriture. Puis on leur ordonne de l’étrangler, au terme de la première année. Ceux qui réussissent pas sont tués et donnés en pâture aux chiens survivants. C’est là une leçon salutaire. »

Le nordique était dégoûté. Soufflé. Impressionné. Terrifié. Etaient-ils encore humains ? Etait-ce cela, la quintescence du soldat ? Quoiqu’il en soit, il devait les acheter. Pour sa cité. C’était là une chose nécessaire, en vue du grand dessein…

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Dim 25 Avr - 14:18

Citation :
Loin au Sud

Découvrez la playlist Jean de Neufcastel avec Renich


Il avançait d'un pas résolu. Dans l'immense cathédrâle, chacun de ses pas se répercutait et rendait un son caverneux. Un choeur chantait, plus loin, leur chant majestueux vibrant de puissance : c'était là rendre honneur aux Dieux de la meilleure façon qui soit. Il y avait quelque chose dans le chant, quelque chose dans l'Art qui transcendait le simple geste, la simple volonté. C'était là la plus belle façon de montrer sa dévotion.

Il arriva à sa cellule. A l'intérieur, un confort spartiate : une table de bois, une chaise, un lit tout simple, une cruche d'eau. Cela irait. On lui avait réservé par coutume cette cellule, lorsqu'il désirait réflechir, s'isoler, prier.

Il se mit à genou pour prier. Il ne dit plus un seul mot. Il était troublé, il cherchait la paix. Dans ses prières, il demanda à Torm de veiller sur sa famille, sur sa cité. Les forces du Mal, il le savait, évoluaient, rampantes, corrompant le coeur des hommes et insinuant le doute dans l'esprit des Justes.

Il remercia sa divinité pour la vie qu'il avait pu mener jusque là. Une vie au service de Torm. Au service de Padhiver. Au service des autres. Une vie pleine d'honneur. Une vie pleine d'épreuves, c'est vrai, mais il avait su garder sa dignité. Et malgré les épreuves, il avait su préserver sa famille, c'est de là -et de sa Foi- qu'il tirait sa force.

Il s'abîma ainsi en méditations durant de longues minutes.

Les maskoriantes agissaient de façon fourbe. Les démasquer n'était jamais facile. Ils le mettaient souvent face à des dilemmes qu'il jugeait intolérable. Mais la probité, la générosité, la dignité et l'honneur restaient pour lui des valeurs essentiels. Et pourtant, pourtant ces maudits gagnaient du terrain petit à petit. Le crime était apparu dans la belle cité de Padhiver. Un crime organisé d'un nouveau genre. Et, il le savait, c'était là la faute des maskoriantes.

Les waukynites étaient quant à eux des voleurs d'un autre genre. Il s'en méfiait beaucoup. Quoiqu'il en soit, la maladie d'Elrand l'Avisé empirait, et aucun soin magique n'y faisait rien. Il se souvenait des yeux profondément enfoncés dans leurs orbites et de la pâleur mortelle de son suzerain. Il était agonisant. Rien ne pourrait le sauver.
Il serra les poings. Se sentir impuissant...faillir ainsi à un de ses devoirs, à savoir protéger son suzerain, sans rien pouvoir y faire...
Du moins arrivait-il à le soulager de ses souffrances et de ses tâches les plus rébarbatives. Cependant, parmi les Neuf Protecteurs, on trouvait désormais des individus des plus douteux. Le manteau de Neuf n'y gagnait pas en gloire, à accueillir ainsi des individus dont la loyauté n'était guère leur qualité première. A présent, l'orgueil le disputait à la vanité, et le droit du sang prévalait sur le mérite. Sans compter le Grand Argentier, une véritable fouine malhonnête...

Il se reprit. Penser ainsi du mal de ses pairs n'améliorerait en rien la situation. Toutefois, il n'avait pas atteint son âge en se montrant trop naïf. Il ne se trompait pas sur la nature de certains hommes. Et il savait qu'hélas, les hommes pouvaient changer, en mal trop souvent.

Il finit par se relever. Fort d'une nouvelle résolution, il se détourna de sa cellule. Son devoir l'appelait ailleurs.

Ainsi Jean de Neufcastel quitta-t-il le Temple de Torm.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Lun 26 Avr - 20:04

Citation :
La parole aux ivrognes

-Hé, dis, c'est-y pas qu't'as entendu la dernière?
-Nan, quoué?
-Béh il paraîtrait qu'y a du grabuge là-haut, dans eul'Nord
-Eul'Nord?
-Ouais, même qu'on dit qu'y a du foin à Hundelstone
-Ah? Pourtant c'est-y pas un bon coin pour les chevaux, avec toute la caillasse, pis l'pousse pas l'blé l-bas
-Ouais, mais s'problème avé les nains t'sais et pis des orques, et pis on dit qu'le Col en haut il est hanté
-Hanté? Béh, s't'un endroit maudit, moi j'dis
-Pour sûr, même qu'on dit qu's't'une silhouette qui traîne, et traîne. On dit qu's'la réincarnation du gôrs d'Garagos
-Olha, passe-moi l'sel qu'j'conjure eul'mauvais sort. Hé là, au fait, j'ai la Jeannette qui va s'marier
-Ah ouais? Béh où ça?
-Béh t'sais qu's'pas facile d'se décider là-dessus
-Pour sûr
-Même qu'y va ptêt' bin falloir r'pousser à cause d'bandits sur eul'Route de l'Est
-Ah, foutus mirabariens qu'font rien. T'façon, moi j'dis, mirabariens, tête de chien
-Ah ça, y ont voulu nous bouffer not' pain, on va leur prendre la peau des couilles
-Ouais, pour sûr, mais eul'Jeannette là, elle va faire comment hé?
-Béh on sait pas, on va ptêt' attend' un brin
-S'certain, mais moi j'dis s'la faute des marchands tout ça. Ils paient les bandits pour cogner les concurrents, pis, pas fous les gars, eux ils jouent double jeu et pis s'le bordel à la fin
-Ouaip, s'certain. Pis moi j'me suis laissé entendre qu's'était ptêt' des gars d'Port Llast les bandits du Sud. Ils ont du mauvais sang là-bas, même qu'eul'chef, Tristan Malak, s't'un barbare du Nord en fait
-Ils violent les femmes s'barbares. Ils ont pas d'civilisation comme nous aut', s'sûr.
-Ouais. AUCUNE MORALE ! AUCUNE DIGNITE ! AUCUN HONNEUR !!!
-Hola, calme-toi mon gôrs
-Beurp, pardon...

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Mer 28 Avr - 16:07

Citation :
Tzar Gaelmaunt en avait assez.

Assez de tous ces infidèles. Assez de tous ces vices. Ces pêchés. De ce monde, si imparfait. Assez de cette hypocrisie puante. Les hommes sont faibles, lâches, et faces à leurs erreurs, ils ne trouvent pour seule échappatoire que les faux-semblants.

Tous sont endormis. Une mentalité d'esclave. Des hordes d'esclaves puants, d'agenouillés. La simple idée de se tenir debout ne peut les effleurer, et si par malheur cela devait arriver, quelle terreur ! Impossible. Ces moins que rien offrent à leurs gueuses des coups de reins bien placés. On nomme ça "amour". Leurs gueuses, neuf mois plus tard, pondent une meute de chiards. On les élèvera à coups de baffes dans leurs tronches crasseuses. C'est là ce qu'on appelle "éducation". Et que va-t-on leur inculquer, à tous ces morveux? L'obéissance. Perpétuons donc la mentalité d'esclave, qui bouche si bien l'horizon des parents ! Allons ! Un peu de bon sens voudrait qu'on leur apprenne à commander. A les transformer -enfin !- non plus en vulgaires proies mais en vrais prédateurs.

Le monde est aux mains des prédateurs. Ces nobles vendent leurs filles en échange d'alliances politiques. C'est là ce qu'on appelle "mariage". Une institution respectable, que ce sordide marchandage. Les coups de reins bien placés du garçon noble à qui l'on a imposé la pouliche se nomme "devoir conjugal" ici. Les hordes de chiards nobles que nous pondra cette distinguée jument seront cette fois éduqués avec le plus grand soin. Être de parfaits petits pantins, tout bien préparé à leur rôle. Leur exquise politesse ne cachera que mieux la noirceur de leurs coeurs. On les abreuvera de chansons, de leçons, de maximes morales pour mieux les aveugler sur la véritable nature des choses et des hommes.

Tous, tous ont de trop grands mots dans la bouche. "Justice !" "Liberté !", tous jugent leur voisin, pressés qu'ils sont à se faire les juges moraux d'autrui. Appelons-en à la tolérance pour cracher au visage d'autrui ! La liberté, la meilleure justification pour égorger son prochain ! La Justice, un bon prétexte pour une éxécution en famille. Vois fils, la tête du méchant roule à terre, Justice est faites ! Mais attention, certains bien pensants refusent de pendre ou de décapiter le criminel. Les laisser pourrir dans des caves sordides, c'est là se montrer humain. Tant qu'ils sont loins de leurs yeux candides, c'est là tout ce qui compte, n'est-il pas?

L'Honneur ! AH ! Répandre les tripes au sol de son prochain doit se faire dans l'honneur, pour le chevalier. Le meurtre brodé à la soie. N'est-il pas là une chose charmante? Un meurtrier honorable mérite d'être chanté par les bardes, admiré par les pucelles toutes humides à l'idée de se faire ainsi monter par un beau meurtrier couvert de blanc et de soieries !

La Vie est sacrée ! Pour qui? Les Dieux? Tous appellent au meurtre de leurs opposants ! La Vie, ça n'est qu'un état de fait. Elle n'a rien de sacré. Les êtres vivants n'ont rien de sacré. Plonger sa main dans la plaie béante d'un poisson pour lui arracher les entrailles est une chose normale. Il faut bien pouvoir manger le poisson. Planter sa lame dans le coeur de son ennemi est là encore une chose normal. Il faut protéger sa demeure. Le meurtre est dans notre nature. Il n'y a pas à douter de cela. Nous sommes de chair, de sang, de muscles et d'os. Il n'y a rien de sacré là-dedans. Des bouts de viandes, rien de plus, qui ont conscience de leur insignifiance et cherchent désespérement à s'extirper de la fange qui les a vu naître.

La Vérité, c'est que le monde est froid, glacé, indifférent. Même pas hostile. Il n'a cure de notre existence. Les Dieux sont des êtres sordides. Et hypocrites. L'unique Dieu à ne pas être menteur ou du moins hypocrite est -c'est absurde- le Prince des Mensonges.

Ils ne vivent pas. Ils meurent avant d'avoir vécu. Regarde les gesticuler, Tzar...Leur trancher la gorge, c'est rendre service à tout le monde. Le meurtre n'est qu'un moyen de parvenir à mes fins. Il n'a rien de "moralement" répréhensible. La morale n'est qu'un outil des puissants pour mieux asservir les faibles. C'est là encore une pensée d'agenouillé que d'estimer la morale. Être un homme moralement supérieur, c'est être un homme mort. Dans leur bouche, la liberté, c'est être un esclave. C'est se soumettre à la morale, aux lois, aux jugements de valeur stupides des autres, c'est s'attacher à sa famille, à ses amis, à ses collègues. C'est ne pas croire que l'on va mourir, nier la noirceur du coeur des hommes, c'est ne pas pouvoir croire à la trahison. Et pourtant le coeur des hommes est pourri par l'égoïsme, l'envie, la peur ! La trahison est inévitable. La mort est inévitable. Tout est vain. La véritable liberté a un goût bien plus amer ; elle passe par la solitude la plus noire, la renonciation aux plaisirs -ainsi ne dépend-on plus de son corps, de l'or ou du pouvoir-, par une indifférence à l'égard des valeurs.

Ils sont prêts à nier mon humanité. C'est tellement plus facile de croire que je suis un monstre sans coeur...cela leur évite de penser qu'ils peuvent me ressembler. Que j'étais comme eux, avant. Que nous faisons partie de la même race. Ainsi, nul remords quand ils rêvent de me tuer.
"C'est pas moi ! C'est les autres ! Lui, là, surtout, le monstre !", oui, ils sont tous malades. Nous sommes tous malades. Tous corrompus. Tous si semblables... Ce monde est une vaste farce.

Mais moi, je le sais. Et j'ai fini par l'accepter.


Un sourire sinistre déforma son museau calciné. Il réajusta le fourreau de sa lame. Il observait par la fenêtre la populace. Cela le faisait enrager. Il était toujours en colère. Toujours cette douleur, qui le lancinait, encore et encore...et cette colère, qui faisait désormais totalement partie de son être. Il avait perdu sa famille. N'avait jamais eu d'amis. Avait perdu son identité. Son visage. Il n'était plus qu'un bourreau, le Capitaine des Interrogatoires.

Cette colère était son outil de travail. La source de son pouvoir.

Elle le rendait si lucide. Trop lucide. Il n'en aimait que plus l'ironie qui voulait qu'il soit maître du mensonge, des illusions.

Cette noire solitude, il avait fini par l'accepter. Il aimait le silence. Il faisait désormais totalement partie de lui.

Mon seul regard terrifie ces moutons pensa-t-il avec une sinistre satisfaction.

Il se retourna. Observa l'homme sur la table.

"Vous êtes myrkulite, c'est bien ça? J'ai quelques questions à vous poser..."

Puis il se saisit du tisonnier chauffé à blanc.


Citation :
Avant-Rapport

Les Dinevaliens ont survécu. Vous les aviez envoyé tenir la tour de guet en ruines au Sud du Val Bise. L'assaut de la Division Apocalypse a en effet forcé les bremenois à une retraite. La Division du Sang Noir devait alors prendre place. Nos Dinevaliens ont pu tenir une journée, trop peu visiblement.

Ils sont pour l'instant à Termalaine.

Nous vous laissons seuls juges de ce qu'il convient de faire d'eux.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Ven 30 Avr - 17:27

Citation :
Rumeurs

L'on prétend que la Pègre luskanienne a à faire à une nouvelle guilde de voleurs, les Chats Noirs. Une guerre de l'ombre aurait lieu à Luskan, avec force règlements de compte et coups fourrés.

Eloy Tribas, dirigeant de la Fédération Marchande du Nord, basée à Luskan, exige des mesures sévères auprès des Hauts-Capitaines pour punir la concurrence déloyale exercée par l'Anneau de Fer (basé à Mirabar). La guilde de l'Anneau de Fer rappelle les exactions commises par la FMN, et l'accuse notamment d'avoir corrompu un des Contremaîtres du Port et d'avoir provoqué ainsi des fouilles de navires abusives leur ayant fait perdre d'importants contrats. L'Anneau de Fer rappelle que le Contremaître a été démis de ses fonctions pour cela.

Un important contrat d'achat d'esclaves a été conclu entre Luskan et Targos. Urtak Dan, un des principaux esclavagistes de la Cité, aurait toutefois jugé cela stupide.

A Padhiver, la mort du vieux Baron de Félicis oblige la Tour des Capes à lui choisir un successeur. Ce dernier est un paladin et un ensorceleur au service de Mystra, du nom d'Albert de la Falaise sur Roche ; ses supérieurs lui ont donné une mission spéciale : recruter des individus talentueux capables de former une garde arcanique.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Lun 3 Mai - 18:16

Citation :
La Nuit des Couteaux Enflammés

Il pianotait tranquillement sur la table, encore et encore. Cela avait le don d'énerver ses interlocuteurs. Il le savait -il n'en avait cure-. A quoi bon se soucier d'autrui? Ils n'avaient pas fait leurs preuves. Lui si. Il avait fait son baptême du feu. Et quel baptême ! Un léger sourire orgueilleux s'étira sur son visage lisse de jouvenceau.

La nuit dernière, le Haut-Prêtre de la Chapelle de Kossuth les avait convoqué. Ce chauve, sec, étroit, son allure sévère, sa mine austère respirait l'autorité. Son énergie était presque palpable. Il avait une mission pour les nouveaux adeptes ; une grande mission. Il allait leur falloir faire un sacrifice. C'était à force de souffrances et de sacrifices que l'on réussissait. C'était là une chose inéluctable.

Il écouta la teneur de la mission. Il se rappelait la peur qui étreignait alors son coeur. Il en riait de bon coeur aujourd'hui.

La nuit. Les ténèbres sont dangereuses, loin de la protection du Feu. Hélas, il ne pouvait encore avoir recours aux armes de son Seigneur. Il le savait. Lui et le groupe de cinq adeptes allèrent jusqu'au Port de Luskan.

Ils y trouvèrent la réunion, comme prévu.

Les autres foncèrent droit sur le groupe qui priait sur un quai, face à la mer. Les odes au Seigneur Aquatique, Istishia, résonnait alors. Il se souvenait de l'interruption, de la voix du prêtre en train de défaillir et de son coeur qui battait à tout rompre contre ses côtes. Chacun avait une ceinture pleine de bombes incendiaires ; un choc et tout exploserait. Il évita de courir avec les autres ; il se défit de sa ceinture et la jeta.

Une terrible explosion avait tout soufflé. Tout était aboli : quai, istishians, sons et couleurs. Un éclair ! Un énorme bruit de tonnerre ! Puis plus rien. Ses oreilles sifflaient. Il était tombé rudement, soufflé. Le goût cuivré du sang sur la langue...mmmm...et cette délicieuse douleur...

Son sourire s'élargit. Ah, quelle joie d'être en vie.

Et quelle joie d'être distingué pour services rendus.

Le prêtre s'approche de lui. Tout ce qu'il a désiré toute sa vie durant -respect, pouvoir- allait être sien aujourd'hui. C'était là l'apothéose de sa jeune vie. Il obéit au prêtre qui lui demanda de se lever et d'aller s'agenouiller face à l'autel.

Il ne vit pas venir le coup de poignard qui lui perfora le coeur, dans le dos.

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Sam 8 Mai - 19:58

Citation :

Rues du Port de Luskan, 06/05/1412

Il lança la bourse à son compère avant de détaler dans une rue opposée. Ils connaissait bien assez ce coin là de la Cité pour savoir qu'au bout du passage qu'il empruntait, le trou dans le mur d'enceinte de la propriété ne serait pas assez gros pour laisser passer ces balourds de gardes. Et il savait de même que d'ici moins de dix minutes, il serait assis tranquillement avec les autres gitans, à profiter de l'or déjà mis en sécurité par son frère, et à deviser sur la poule aux merveilles de leur défunte mère.

"Je les ai vus, deux sales gosses, aussi roux l'un que l'autre ! L'un est parti par là !"


Il arrivait en courant au fond de l'impasse en haletant, à la recherche de son passage habituel, ce n'était qu'une question de secondes avant qu'il doive cesser sa course et puisse enfin reprendre son souffle.

"C'est une impasse, on va l'acculer ! On le tient ce sale petit voleur !"

Les bruits des bottes des hommes du Guet résonnaient sur les pavés plus loin derrière lui, lorsqu'il arriva en vue du mur qu'il attendait tant pour s'apercevoir qu'horreur ! Celui-ci avait été bouché ! Il se retourna, désemparé, regardant l'entrée de l'impasse. Trop tard pour ressortir par là, les gardes arrivaient, et au raffut qu'ils faisaient ils étaient bien trop près, même s'ils n'étaient pas encore en vue.

L'adolescent lâcha quelques larmes, sa vie allait s'arrêter à cet instant. Les histoires de sa mère lui avaient fait croire qu'il était plus fort que ces balourds, et il allait le payer de sa vie. Il tomba à genoux, désemparé et réduit à attendre sa fin, s'attendant à voir les armures bleues approcher et précipiter sa mort.

L'air vacilla, et une brise noire sembla descendre des toits. Une femme inconnue apparut de nulle part et le poussa contre le mur de l'impasse. Une série de sensations étranges firent surface. La rue devint grise, de même que les gardes qui apparaissaient à son entrée. Il se sentait terriblement inconsistant, s'étant attendu l'instant d'avant à ressentir le froid des pavés détrempés contre ses genoux, et ne faisant finalement face qu'a une étrange vision déformée de la rue.

"Disparais avant qu'ils fassent le tour, zig ?" dit alors la voix de la femme qui avait déjà disparu dans un mouvement d'éventail. Il fut alors choqué de stupeur en se rendant compte qu'il avait passé le mur et que les gardes en étaient réduits à crier leur dépit de l'autre côté.

Peut-être que les histoires de sa mère avaient du vrai finalement.

Merci à Dardan

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MessageSujet: Re: Les temps ont changé   Dim 9 Mai - 15:50

Citation :
Il fit quelques pas sur les pavés fissurés d'où jaillissaient toutes sortes de plantes, qui de même que les lierres grimpants sur tous les murs environnants, recouvraient une lieu jadis majestueux de par sa splendeur et la précision du travail des bâtisseurs. Mais ainsi en était-il du cours des choses, ce qui avait été bâti avec l'accord de la Nature lui revenait à présent que son utilité avait changé. A ses yeux si le lieu avait perdu en majesté, il avait gagné tout autant en mystère, et même d'un point de vue plus pragmatique encore en fraîcheur.

Il posa armes et bagages sur le parvis de la bâtisse, et se déchaussa, avant de s'avancer les pieds nus à même la pierre consacrée, traversant les alcoves aux colonnades blanches enfouies dans une verdure idyllique parsemée de fleurs. Le doux clapotis de l'eau faisant doucement écho depuis la salle principale du lieu apaisant déjà son âme tourmentée alors que sa main glissait le long des images gravées dans la pierre qui semblait déjà si vieille, mais qu'il savait pourtant si jeune à l'aune du regard des siens.

Arrivant dans la salle suivante, il descendit dans le bassin pour y accomplir ses ablutions, tandis qu'il se purifiait des rancœurs qui n'auraient su avoir de place dans la demeure des dieux, aussi douleureuses soient elles. Par la faille d'où provenait l'eau élargie par l'érosion il apercevait son ancienne demeure, sur laquelle les racines d'un chêne majestueux appuyaient chaque année qui passait un peu plus leur emprise. Oui l'eau et la forêt avaient offert gîte et couvert jadis. A présent que nul ne le nécéssitaient plus ils le reprenaient. Quoi de plus normal comme cycle, qu'Elle n'aurait pu qu'approuver pleinement. A côté de la force calme d'une rivière ou de la majesté tranquille d'un chêne, qu'était l'ampleur des problèmes d'un seul membre du Peuple ?

La tentative s'avéra vaine comme toute les autres années. Il était inutile d'espérer mentir aux Dieux sur son état d'esprit, l'ego serait toujours le plus fort. D'autant plus, quelle raison y aurait-il pour lui à venir ici si ce n'était pas en toute droiture ? Il savait que d'autres vivaient encore au milieu de ces vestiges d'un temps passé, mais ici dans la demeure du Père des Elfes et de sa Cour il était seul avec lui même, personne n'aurait songé à briser la quiétude de ce lieu pour les voyageurs elfiques qui empruntaient parfois la route de la Retraite, voire pour certains, aussi rares qu'ils fussent, du Retour. Seul dans ce lieu, il sortit du bassin et se dirigea là où jadis trônaient les autels de la Couronne d'Arvandor.

Ses pas lui firent traverser un rideau de verdure obstruant à moitié le couloir, baigné par moments de fin rais de lumière atténuée par les feuillages, éclairant doucement la demeure des dieux d'une plaisante pénombre où ses yeux d'elfe étaient parfaitement à leur aise. il repensa aux raisons qui le menaient ici chaque année depuis déjà plus d'une décennie. Les diverses assemblées dont il faisait jadis partie lui avaient refusé sa réintégration, appréhendant bien longtemps avant lui ce qu'il avait mis des années à comprendre. On ne pouvait effacer ses remords passés par de simples actes de compensation au service d'une cause noble, c'est en profondeur qu'il lui fallait changer : avant que les actes puissent avoir signification, il fallait que son coeur tout autant que sa raison soient convaincus de la justesse de ceux ci. Mais l'un comme l'autre lui faisaient encore défaut, l'un resté trop amer, tandis que l'autre se voulait parfois vacillante.

Il ne fréquentait guère plus les gens. D'ailleurs il n'allait plus que trés peu auprès de la civilisation, pourtant liée à l'aboutissement du devoir qu'il aspirait à redevenir digne d'accomplir sans honte. Avait-il enfin retrouvé de l'amour pour les autres ? "Pas encore cette année", dit-il en pénétrant dans l'ancien saint des sains, tout à fait lucide sur le peu de réconfort qu'il trouverait dans la prière à laquelle il s'astreignait toutefois.

Les symboles jadis disposés en ce lieu avaient tous disparus, englobés par la croissance du Chêne de Rillifane, ou emportés par un quelconque oiseau ayant trouvé la brillance des artefacts à son gout. Il distinguait simplement les formes correspondant aux autels, devant les bancs fracturés et couverts de mousse fraîche. Ici et là, il distinguait de vieilles offrandes à l'allure patinée par le temps : Un fifre pour Erevan, Un poème à moitié effacé sur un parchemin jauni pour Hanali.

Son ressenti de la quiétude du lieu était faible. Etait-ce dû à lui, ou à l'abandon des lieux ? Il n'aurait su le dire. Ses prières durèrent longtemps pour un humain. Bien peu pour un elfe. Suffisamment pour ne pas offenser les dieux, mais pas assez pour qu'il y croie lui même. Il effleura l'autel qui jadis porta un linceul. "Est-ce que j'agis parce que ma conscience recherche le Bien, ou est-ce seulement parce qu'elle n'aurait pas approuvé ?"

Elle aurait passé la cinquantaine à ce jour. Les humains vivaient-ils seulement jusqu'à cet âge ? Qu'aurait-elle pensé de ce que devenait ce monde ? De ce que devenaient les bois qu'elle chérissait ? Ils les avait traversé en venant, évitant les hordes d'humains puants s'entretuant à la moindre occasion sans la moindre beauté martiale, bien qu'il dût parfois perdre quelques minutes à se débarasser d'assaillants malgré tout. Ou était-ce des trolls ? Le souvenir paraissait ténu, mais il est certain qu'elle n'aurait pas aimé voir tomber ces bois entre les mains de tous ces êtres qui l'occupaient désormais, fussent-ils vêtus de bleu, d'or, ou même à moitié nus pour ce qu'il en avait à faire...

Tous ces êtres arrogants, ignorants des leçons de leurs ainés. Mais ainsi vont les choses, les histoires deviennent des légendes, puis des mythes, aussi vite que s'éteint la flamme de la vie d'un homme. Certains croisaient encore ses lames lorsqu'il approchait de nouveau le monde des hommes, car tel il était de nos jours, mais qui se souvenait encore de son nom ? Qui comprenait encore le moindre de ses actes motivés par des promesses datant de la veille pour lui, mais d'une autre ère pour les hommes ?

Ce n'est pas pour autant qu'ils avaient droit de l'oublier. Son cœur se serra à cette pensée. Comment arrivait-il encore à se percevoir comme un héros injustement traité, alors que sa présence ici même se justifiait par ses remords et ses hontes ? Il se battit longuement avec les deux pensées à la fois, à genoux devant l'ancien autel.

Le temps s'écoula, le soleil continuant sa course et sa lumière pénétrant doucement les frondaisons jusqu'à se refléter dans des couleurs orangées au crépuscule, illuminant le lac du vieil embarcadère de mille feux alors que des hommes et des femmes se réunissaient dans une clairière non loin pour deviser de la terre mère. Les lumières de leur campement éclairèrent assez l'entrée du vieux temple pour que l'on voie passer l'elfe aux longs cheveux blonds revêtu d'une armure chitineuse à la nuit tombée.

"Les réponses ne sont pas encore pour cette année." Il marcha vers le Nord, quittant une fois de plus ces terres sombrées dans l'oubli qui avaient du se satisfaire de la garde menés par des parias et des reclus, ou pire encore si on le prenait en compte. Il repartait faire ce qu'il savait le mieux faire, à défaut d'avoir enfin déterminé pourquoi il le faisait réellement, peut-être que les réponses viendraient avec ce qui était au bout de cette route. Et ça ne saurait être pire que Longuenuit.

Texte de Dardan

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